La Tunisie apparaît, dans le Rapport sur le développement durable (RDD) de 2026, comme un pays à la performance globalement solide dans la région MENA, avec un score de 71,3, supérieur à la moyenne régionale (65,6). Elle se situe au 72e rang mondial, confirmant une position intermédiaire mais stable dans la trajectoire de développement durable.
Cette performance repose avant tout sur un socle de services essentiels relativement consolidé. Le pays est classé “sur la bonne voie” pour plusieurs objectifs fondamentaux, notamment l’accès quasi universel à l’électricité (100%), à l’eau potable et à l’assainissement (plus de 96 %), ainsi qu’un niveau de pauvreté extrême limité. Ces éléments traduisent une base sociale relativement bien installée.
Cependant, cette lecture globale doit être nuancée. Le rapport met en évidence une dynamique plus contrastée, avec plusieurs indicateurs orientés à la baisse, notamment sur les inégalités, la qualité de vie urbaine et certaines dimensions institutionnelles. Des signaux de recul apparaissent également sur la liberté de la presse et l’accès à la justice, indiquant une fragilisation progressive de certains équilibres.
Un autre point clé concerne le décalage entre progrès sociaux et intégration économique. Malgré une amélioration du capital humain, le chômage demeure élevé, autour de 15%, tandis que la participation des femmes au marché du travail reste limitée. Cela souligne un défi persistant en matière d’inclusion économique.
Enfin, la Tunisie se distingue par la qualité de ses données. Le pays affiche un niveau élevé de transparence statistique, avec une quasi-absence de données manquantes et une progression notable de son indice de performance statistique, passé de 62 en 2016 à 76 en 2024.
À l’échelle régionale, la carte des performances fait apparaître un peloton de tête particulièrement resserré.Le Maroc occupe la première place de la région, au 68e rang mondial avec un score de 71,7. Il est suivi de très près par l’Algérie (70e, 71,6) et les Émirats arabes unis (71e, 71,5), suivi par la Tunisie. Plus bas dans le classement, on retrouve Oman (81e, 69,9), la Jordanie (82e, 69,7), l’Égypte (86e, 69) et l’Iran (89e, 68,8), dans un ensemble où les écarts restent relativement limités. Cap-Vert de se distingue à la 95e place mondiale (68,1), se positionnant comme le leader de l’Afrique subsaharienne, devant Maurice, classé 97e, Namibie (100e), Kenya (106e) et Afrique du Sud (109e).









