La conférence inaugurale sur la politique et le droit de la concurrence dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (AfCFTA), tenue sous le thème “Harnessing Competition as a Catalyst for African Market Integration”, a réuni responsables africains et partenaires internationaux autour des enjeux de l’intégration économique du continent.

Le ministre de l’Économie et du Suivi stratégique du Togo, Badanam Patoki, a indiqué que son pays figure parmi les premiers en Afrique à avoir mis en œuvre l’AfCFTA en 2025. Il a annoncé une révision en cours de la législation nationale sur la concurrence afin de l’aligner sur les standards régionaux et internationaux. Selon lui, ce cadre est indispensable pour garantir que l’ouverture des marchés profite aux citoyens et ne soit pas fragilisée par des pratiques anticoncurrentielles.
Le secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, a souligné que la concurrence est un pilier central de l’intégration économique africaine. Il a insisté sur le fait que la libéralisation des échanges, sans règles de concurrence équitables, reste insuffisante pour construire un marché intégré. Pour la même occasion, il a rappelé que le protocole sur la concurrence est le résultat de longues négociations. Les États membres ont ainsi reconnu la nécessité d’aller au-delà de la seule réduction des droits de douane pour encadrer le fonctionnement des marchés.
Pour sa part, le secrétaire général adjoint de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), František Růžička, a salué l’exemption de visa annoncée par le Togo, qu’il a comparée à la libre circulation en Europe. Il a estimé que la mobilité favorise la croissance et l’intégration et que l’Afrique pourrait bénéficier de dynamiques similaires. Il a toutefois rappelé que la suppression des barrières tarifaires ne suffit pas. Les économies africaines doivent aussi garantir des marchés ouverts et concurrentiels. Il a également souligné que près d’un quart des pays africains ne disposent pas encore de cadre juridique en matière de concurrence, et que la majorité des autorités existantes sont récentes.
Le directeur général de l’Autorité régionale de la concurrence de la CEDEAO, Simeon Koffi, a pour sa part évoqué les principaux défis en citant comme exemple les pratiques anticoncurrentielles transfrontalières, divergences entre les législations nationales et manque de moyens des régulateurs.
Enfin, Wamkele Mene a insisté sur la complémentarité entre les niveaux national, régional et continental prévue par le protocole. Il a rappelé que l’objectif est de construire un cadre commun de concurrence au service des économies africaines et des consommateurs.









