
Accueilli par le président Faure Gnassingbé, Wamkele Mene a tenu à souligner que l’intégration africaine n’est plus une simple vision théorique, mais une “réalité opérationnelle”. Avec 50 États parties ayant désormais ratifié l’Accord, l’engagement politique atteint un niveau sans précédent sur le continent. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: le commerce intra-africain a atteint 220 milliards de dollars en 2024, soit une progression de 12,5 % en un an, et les projections tablent sur 230 milliards de dollars d’ici 2027. “Nos détracteurs nous disaient que l’Afrique n’avait pas la détermination nécessaire pour affronter sa fragmentation ; nous leur prouvons le contraire”, a martelé le Secrétaire général.
50
C’est le nombre d’États parties ayant ratifié l’Accord à ce jour.
26
C’est le nombre d’États parties qui commercent déjà activement sous les règles préférentielles de la ZLECAf.
L’industrie et le secteur privé au cœur de la stratégie
Le forum de Lomé met l’accent sur une mutation structurelle de l’économie africaine. On observe une hausse significative de la part des produits manufacturés et agroalimentaires dans les échanges, signe d’une sortie progressive de la dépendance aux matières premières. Wamkele Mene a notamment lancé un appel pressant aux constructeurs automobiles (OEM) pour qu’ils investissent massivement sur le continent, s’appuyant sur des règles d’origine désormais robustes pour favoriser la création d’emplois locaux.Toutefois, le Secrétaire général a rappelé une vérité fondamentale! Si les gouvernements créent le cadre réglementaire, ce sont les entreprises qui font le commerce. C’est pourquoi la ZLECAf multiplie les outils de facilitation:
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Le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), qui permet de commercer en devises locales.
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Le Fonds d’ajustement de la ZLECAf, doté d’un capital initial d’un milliard de dollars pour soutenir les acteurs économiques.
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La numérisation des échanges, avec l’introduction prochaine du certificat d’origine électronique.
Au-delà des discussions, des chiffres montrent que la dynamique commerciale est déjà en marche. En 2025, Le Togo a autorisé 457 produits au total à bénéficier d’un avantage fiscal appelé Taxe Préférentielle Communautaire (TPC). Ces produits sont fabriqués par 65 entreprises togolaises. Parmi ces entreprises, 25 ont effectivement exporté une partie de leurs produits.Et au total, 282 produits ont réellement été exportés grâce à 1 973 certificats d’origine. A dire vrai, ces exportations, destinées notamment au Niger, au Burkina Faso, au Mali et au Bénin, ont généré une valeur cumulée de plus de 37,3 milliards de FCFA. Une illustration concrète des échanges intra-africains en progression, dans l’esprit de la ZLECAf.
Construire une souveraineté
Le discours a également pris une dimension géopolitique forte. Dans un contexte de turbulences mondiales et de montée du protectionnisme, Wamkele Mene a déploré l’affaiblissement du système commercial multilatéral, cédant la place à ce qu’il qualifie de “loi de la jungle commerciale”. Face à ces vents contraires, l’intégration africaine devient un impératif de survie. “Ces externalités nous obligent à éliminer notre dépendance excessive à la demande extérieure pour construire notre propre résilience économique et notre souveraineté”, a-t-il affirmé.
Des défis persistants à relever
Malgré cet optimisme, le forum n’ignore pas les obstacles. Les déficits d’infrastructures, les coûts logistiques élevés et le manque de financements commerciaux pour les PME restent des freins majeurs qu’il faudra lever pour transformer l’essai.
Pendant trois jours, les discussions à Lomé s’attacheront à transformer ces défis en opportunités, avec pour horizon ultime l’Agenda 2063 de l’Union africaine: “une Afrique industrialisée, connectée et prospère”.
À suivre…








