Si le contexte économique demeure serré, c’est qu’il y a certaines difficultés structurelles qui empêchent l’économie de redémarrer. La première d’entre elle est la faiblesse de l’épargne nationale.
Les dernières années étaient décevantes à ce niveau, et nous avons désormais les chiffres de 2025. Un redressement a été observé à 9 471 MTND, en hausse de 1,5 % par rapport à 2024, mais encore en deçà des 9 828 MTND enregistrés en 2023. Cette légère amélioration s’explique par la hausse de l’épargne intérieure, soutenue par la progression de l’activité économique. La croissance du PIB nominal (+8%) était plus rapide que celle de la consommation (+7,4%). À cela s’ajoute la contribution positive du secteur extérieur, notamment à travers l’augmentation des transferts effectués par les Tunisiens résidents à l’étranger, qui ont totalisé 11 445 MTND, soit 6,6% du PIB.
L’épargne de l’Administration Centrale a poursuivi son redressement pour la deuxième année consécutive, sous l’effet d’une progression des recettes propres, notamment fiscales, à un rythme plus soutenu que celui des dépenses de fonctionnement. Ainsi, l’excédent des ressources propres et dons par rapport aux dépenses courantes, (y compris les intérêts de la dette) est passé de 409 MTND en 2024 à 903 MTND en 2025.
Toutefois, par rapport au RNDB, le taux de l’épargne nationale a reculé à 5,3 % contre 5,6 % en 2024.
Globalement, ce niveau demeure faible et n’a permis de couvrir que 9,3% des dépenses d’équipement, contre 4,1% en 2024. D’ailleurs, le taux de financement intérieur de la FBCF, il a connu une baisse, revenant de 38,4% contre 35,4% une année auparavant. L’objectif de 2026 est d’atteindre une épargne de 11 021 MTND, soit un taux d’épargne de 5,7 %.
L’insuffisance de l’épargne intérieure est structurelle, liée notamment à la faiblesse des revenus, à une propension élevée à la consommation et à des déséquilibres budgétaires persistants. Dans ces conditions, le financement de la FBCF continue de dépendre largement des ressources extérieures, notamment à travers l’endettement extérieur et les flux nets d’investissements étrangers. C’est pourquoi l’endettement extérieur demeure vitale pour la croissance économique. Il faut juste l’orienter vers la création de valeur, pas vers les dépenses courantes.









