En 2025, l’endettement total de la Tunisie n’a augmenté que de 3,9%, contre 4,5% un an auparavant, selon le dernier rapport annuel de la Banque Centrale de Tunisie (BCT).
La BCT attribue ce coup de frein à un double mouvement : la dette extérieure recule plus fortement (-9,9% contre -6,6% en 2024), tandis que la dette intérieure marque le pas, mais de façon plus modeste (+9,6% contre +9,8%).
L’extérieur recule, l’intérieur s’impose
L’encours de la dette extérieure s’est établi à 67 160 MTD à fin 2025, poursuivant sa baisse entamée depuis 2023. La BCT l’explique par des remboursements de principal supérieurs aux nouveaux financements mobilisés, combinés à un effet de change défavorable lié aux fluctuations du dinar. De son côté, la dette intérieure a atteint 199 254 MTD, tirée notamment par l’endettement de l’État (+21,6%, contre +24% en 2024).
Autre enseignement du rapport : le financement domestique pèse désormais trois quarts de la dette globale du pays, un poids qui ne cesse de grimper d’année en année (67% en 2023, 71% en 2024, 75% en 2025) !
L’État concentre la moitié de la dette
Toujours d’après le rapport 2025 de la BCT, l’État concentre à lui seul environ 50% de l’endettement national. Sa dette a progressé de 5,2% en 2025, une hausse moins marquée que celle de 2024, 6,6%. Les autres agents économiques non financiers ont pour leur part vu leur endettement croître de 2,7%.
Les dépenses liées au remboursement de la dette publique ont, elles, diminué de 1,5% sur l’année, s’établissant à 24 441,5 MTD. Cette baisse est portée principalement par le recul de 12,5% du service de la dette extérieure. La BCT anticipe cette même tendance pour 2026, avec un service à 23 057 MTD, en baisse de 5,7%.
Toujours pas assez pour encourager l’investissement
La baisse de la dette extérieure peut être interprétée comme un élément encourageant. Elle allège mécaniquement la pression sur les finances publiques et libère un peu de marge budgétaire. Pour les entrepreneurs et les investisseurs, le signal est plutôt positif: moins de dette extérieure à rembourser, c’est potentiellement moins de recours de l’État aux marchés financiers, donc moins de concurrence pour les liquidités disponibles localement.
Cependant, le poids croissant de la dette intérieure, portée à 75% du total, pourrait, à terme, peser sur l’accès au crédit bancaire pour le secteur privé, si l’État continue de mobiliser une large part de l’épargne domestique.


