240 à 300 dinars la brebis en 2010; près de 2 500 dinars aujourd’hui. Une hausse d’environ 800% en seize ans, une envolée qui en dit long sur l’état d’un secteur à bout de souffle, incapable de générer de la richesse et qui, depuis quelque temps, exaspère toute une population.
Les chiffres proviennent de l’Office de l’élevage et des pâturages (OEP), présentés le 2 juillet devant la commission des secteurs productifs du Conseil national des régions et des districts. Et le prix de la brebis n’est que la partie visible du problème: sur la même période, la production nationale de viande rouge a baissé d’environ 10%, passant de 122 700 tonnes en 2010 à 110 800 tonnes en 2025, alors que la demande ne faiblit pas.
Sécheresses, coûts, contrebande: l’addition est salée
Du côté du ministère de l’Agriculture, on pointe une combinaison de facteurs qui se nourrissent les uns les autres: l’envolée du coût des aliments pour bétail (portée par la hausse mondiale des céréales), le renchérissement du transport et des importations, et des sécheresses à répétition qui ont plombé la production de fourrages.
S’ajoute à cela un recul continu du cheptel national, les femelles reproductrices en tête, et une baisse du nombre d’éleveurs, plusieurs d’entre eux ayant tout simplement jeté l’éponge faute d’accès au financement. Le ministère du Commerce, de son côté, évoque un déficit structurel de production aggravé par la contrebande et l’abattage clandestin, qui grignotent encore un peu plus l’offre disponible.
Pour tenter d’inverser la tendance, l’État a déjà eu recours à des importations exceptionnelles de viandes réfrigérées et congelées lors des pics de consommation. Mais le vrai pari se joue à plus long terme: un programme de relance à l’horizon 2030 doit reconstituer le cheptel national, avec identification électronique des animaux, plateforme numérique de suivi et soutien renforcé aux petits éleveurs.









