Les contrôles automatisés aux frontières de l’Union européenne provoquent actuellement de fortes perturbations dans plusieurs aéroports, avec des files d’attente pouvant atteindre jusqu’à cinq heures lors des périodes de forte affluence. La Commission européenne reconnaît l’existence de difficultés techniques liées au déploiement du nouveau système d’entrée/sortie (Entry/Exit System – EES) et affirme travailler avec les États membres pour corriger ces problèmes et améliorer la fluidité des passages.
Ce dispositif remplace progressivement le tampon manuel dans les passeports des voyageurs non européens par un enregistrement numérique des entrées et sorties. Il collecte des données d’identité ainsi que des informations biométriques afin de renforcer le contrôle des frontières extérieures de l’espace Schengen et de mieux détecter les dépassements de durée de séjour. Cette transformation est considérée par Bruxelles comme un outil central de modernisation et de sécurité, ce qui explique son maintien malgré les perturbations observées.
Sur le terrain, les organisations représentant les aéroports et les compagnies aériennes alertent sur une pression importante exercée sur les infrastructures. Elles expliquent que les nouveaux contrôles ralentissent fortement le traitement des arrivées, en particulier pendant la saison estivale où le trafic est déjà élevé. Selon leurs signalements adressés à la Commission européenne, les passagers peuvent être contraints d’attendre plusieurs heures, parfois à l’extérieur des terminaux, en raison de la capacité limitée des points de contrôle à absorber les flux.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a confirmé que ces dysfonctionnements sont en cours de traitement et que des échanges sont engagés avec les États membres pour ajuster les procédures. Elle insiste toutefois sur le fait que ce système reste nécessaire pour renforcer la sécurité des frontières européennes et améliorer la traçabilité des entrées et sorties, justifiant ainsi sa mise en œuvre malgré les frictions opérationnelles.
Les données communiquées par la Commission indiquent que plus de 100 millions de voyageurs ont déjà été enregistrés via ce système, tandis que plusieurs dizaines de milliers de refus d’entrée ont été prononcés, principalement en raison de l’absence de justificatifs valides. Ces chiffres sont avancés par Bruxelles pour démontrer l’utilité du dispositif en matière de contrôle migratoire et de gestion des séjours.









