Le budget de la mission Industrie, Mines et Énergie devrait atteindre 7 892,8 millions de dinars (MDT) en 2027, contre 5 325,6 MDT un an auparavant, soit une progression de 48,2 %. Cette hausse figure parmi les plus importantes du projet de loi de finances (PLF) 2027. Elle s’explique essentiellement par l’augmentation des dépenses consacrées aux subventions des carburants et des engrais du Groupe chimique tunisien (GCT). Ces prévisions ont été présentées mardi 3 novembre par Salah Zouari, ministre de l’Équipement et de l’Habitat, chargé de la gestion du département.
Cette évolution intervient dans un contexte marqué par la hausse des cours du pétrole sur les marchés internationaux et les tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient. L’augmentation des prix des hydrocarbures alourdit directement la facture des subventions énergétiques, qui devraient atteindre 7 090 MDT en 2027, contre 4 993 MDT en 2026, soit une progression de 42 %. Elles constituent ainsi le principal poste de dépenses de la mission.
Le poids de ces engagements se reflète dans la structure budgétaire: sur une enveloppe globale de 7 892,8 MDT, les dépenses d’intervention absorberont 7 823,2 MDT, soit près de 99 % des crédits, en hausse de 48,6 % sur un an. Cette concentration laisse une marge particulièrement réduite aux dépenses de fonctionnement courant du département.
Parallèlement, les interventions de développement devraient passer de 60,5 MDT en 2026 à 551,8 MDT en 2027. Cette progression s’explique principalement par l’inscription de 500 MDT destinés au financement des engrais chimiques à usage agricole, dans le cadre d’un programme au profit du GCT.
La masse salariale devrait, quant à elle, augmenter de 20 % pour atteindre 47,9 MDT. Cette hausse couvrira les recrutements réalisés en 2025 et 2026, l’intégration des agents des centres d’affaires relevant de l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation, ainsi que l’arrivée de 106 nouveaux agents prévue en 2027.
Le budget prévoit également des dotations de 80 MDT environ pour le Fonds de développement de la compétitivité dans les secteurs industriel, des services et de l’artisanat, et de 45 MDT pour le Fonds de transition énergétique. Ces allocations visent à soutenir le tissu productif et à accompagner la transition vers des sources d’énergie plus durables.
À moyen terme, les dépenses de la mission devraient atteindre 7 933,6 MDT en 2028, avant de reculer à 7 656,6 MDT en 2029. Cette trajectoire reste toutefois tributaire de l’évolution des marchés pétroliers et des incertitudes géopolitiques régionales.
Au-delà de cette progression, le budget 2027 révèle une équation délicate pour la politique industrielle tunisienne: absorber le coût croissant des subventions énergétiques tout en préservant les ressources nécessaires à l’investissement, à la compétitivité et à la transition énergétique. Une contrainte qui continue de peser sur les finances publiques et de réduire les marges de manœuvre consacrées au développement.









