Deux jours après le lancement officiel de la première coopérative de freelances en Tunisie, l’Union européenne a salué cette initiative dans un communiqué publié jeudi. Dévoilée le 3 novembre à la Cité de la culture de Tunis, en marge de la cinquième édition du Tunisian Freelancers Day (TFD 2026), cette structure ouvre, selon Bruxelles, de nouvelles perspectives pour organiser le travail indépendant autour de la coopération et de la solidarité professionnelle.
Dans son message de félicitations, l’Union européenne rappelle que le travail indépendant connaît une expansion à l’échelle mondiale, sous l’effet de la transformation numérique, de l’évolution des modes de travail et de l’ouverture accrue des marchés internationaux. Une tendance qui offre à la Tunisie de nouvelles perspectives pour valoriser ses talents, élargir les opportunités professionnelles et consolider sa présence dans l’économie numérique mondiale.
L’institution européenne considère que le travail collectif peut offrir aux indépendants de meilleurs moyens pour défendre leurs droits, partager leurs compétences et leurs ressources, gagner en visibilité et relever ensemble les défis de leur profession. C’est sur cette logique que repose la nouvelle coopérative, dont l’objectif est de sortir les freelances de leur isolement, de faciliter l’accès à des services mutualisés et de renforcer leur sécurité sociale et économique. Elle entend également leur apporter un appui juridique et fiscal, notamment dans les secteurs du conseil et du numérique.
La liberté d’entreprendre et de créer ne saurait, à elle seule, garantir des conditions de travail équitables. En Tunisie, les freelances, dont le rôle ne cesse de grandir au sein de l’économie numérique, restent pris dans les mailles d’un cadre administratif et juridique encore peu adapté à leurs besoins. Facturation complexe, démarches contraignantes, protection sociale insuffisante: autant de défis qui rappellent l’urgence de mieux encadrer le travail indépendant. C’est autour de cette nécessité qu’a été pensée cette édition du TFD, sous le thème « Liberté créative et structuration », avec une attention particulière portée à la reconnaissance des freelances et à l’adaptation du droit aux nouvelles réalités professionnelles façonnées par l’intelligence artificielle et les plateformes internationales.
L’Union européenne entend également poursuivre, avec l’appui de la France, ses efforts en faveur du développement du statut de l’auto-entrepreneur et d’une meilleure insertion des indépendants dans le paysage économique et social. L’objectif est de leur assurer une protection effective, de consolider leurs droits et de favoriser leur accès à des opportunités professionnelles décentes, correspondant à leurs compétences autant qu’aux besoins du marché du travail.
L’événement est organisé par la CONECT, Prod’it et la Manouba School of Engineering, avec le soutien des ministères concernés et de partenaires internationaux, notamment l’Union européenne, la Fondation Hanns Seidel et le Fonds international pour la diversité culturelle de l’UNESCO.
L’UE réaffirme ainsi son engagement en faveur de l’emploi, de l’entrepreneuriat et de l’économie numérique, en poursuivant son accompagnement des initiatives destinées à favoriser l’insertion professionnelle des talents tunisiens dans un marché du travail en évolution.









