Pas de répit sur le front de l’inflation en Tunisie. En octobre 2026, celle-ci s’est maintenue à 5,6 %, soutenue par une nouvelle progression des prix alimentaires, d’après les chiffres communiqués ce jeudi 5 novembre par l’Institut national de la statistique (INS).
Avec une hausse annuelle de 8,5 %, contre 8,4 % en septembre, le groupe « Alimentation et boissons » demeure marqué par de fortes tensions sur les prix. Les fruits frais enregistrent la progression la plus importante (+20 %), suivis de la viande ovine (+14,7 %), des volailles (+14,5 %), de la viande bovine (+13 %), des légumes frais (+12,9 %) et des poissons frais (+8,9 %). Les huiles alimentaires constituent une exception notable, avec une baisse de 4,8 %.
Les augmentations concernent également les produits manufacturés, dont les prix s’apprécient de 4,8 % en glissement annuel. L’habillement et les chaussures contribuent fortement à cette évolution, avec une hausse de 9,1 %, tandis que les produits d’entretien du foyer progressent de 4,8 %. Pour les services, la hausse atteint 4,1 %, principalement en raison du renchérissement des tarifs d’hébergement (+14,1 %). Cette tendance est toutefois atténuée par le ralentissement observé dans certaines activités: les restaurants et hôtels affichent une hausse de 6,2 %, contre 6,5 % en septembre, tandis que les loisirs et la culture passent de 3,9 % à 3,6 %.
Légère amélioration du côté de l’inflation sous-jacente, qui s’établit à 4,8 % en octobre, contre 4,9 % un mois auparavant. Mais cette baisse limitée ne doit pas occulter les fortes disparités entre produits à prix libres et produits encadrés. Sur un an, les prix des premiers augmentent de 6,8 %, alors que ceux des seconds ne progressent que de 1,2 %. Dans l’alimentaire, le contraste est encore plus net: +9,6 % pour les produits libres, contre seulement +0,3 % pour les produits à prix administrés. Un écart qui témoigne du rôle modérateur de l’encadrement des prix sur certains produits de première nécessité.
En comparaison avec septembre, l’indice des prix à la consommation affiche une progression de 0,7 % sur un mois. Cette hausse tient essentiellement à la forte augmentation des prix dans le groupe « Habillement et chaussures », qui s’élève à 6,3 % avec la fin des soldes d’été. La tendance inflationniste touche aussi bien les vêtements, dont les prix progressent de 6,2 %, que les chaussures, en hausse de 7,4 %. Les autres articles du groupe suivent la même tendance, mais dans des proportions plus modérées: +1,5 % pour les tissus et +2 % pour les accessoires divers.
Les prix alimentaires ont progressé de 0,2 % en octobre. Les fruits frais ont enregistré la plus forte hausse (+3 %), devant les légumes frais (+1,3 %) et les œufs (+0,9 %). En revanche, les prix des volailles ont reculé de 2,1 %, ceux de la viande d’agneau de 1,2 % et ceux des poissons de 1 %.
Dans ce contexte, la désinflation reste difficile à consolider. La hausse des prix alimentaires continue de peser sur les dépenses des ménages et de fragiliser leur pouvoir d’achat. Avec une progression annuelle proche de 9 %, l’alimentation demeure une source majeure de pression sur le coût de la vie, tandis que les marges de manœuvre des autorités restent limitées.









