Du point de vue budgétaire, les établissements publics de santé ont un modèle de fonctionnement hybride. Leurs ressources combinent une partie propre, générée par l’activité et estimée à 925 MDT, et des subventions d’exploitation de 587 MDT. Cette enveloppe est souvent destinée à couvrir une partie des charges de fonctionnement ou des investissements spécifiques. L’État reste le garant indispensable de la survie financière des hôpitaux publics.
En même temps, cette forte dépendance des finances publiques expose les structures sanitaires aux arbitrages budgétaires et aux retards de décaissement, ce qui pèse lourdement sur leur trésorerie et leur capacité à honorer leurs engagements auprès des fournisseurs en médicaments, équipements et prestations.
La part des recettes autonomes, provenant de la facturation des actes, des conventions avec la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) et des prestations payantes, montre que les hôpitaux génèrent une activité économique significative. En réalité, le système se heurte souvent à des difficultés chroniques de recouvrement des créances, notamment auprès de la CNAM ou des impayés des patients. Ce décalage entre la “recette comptable” et la “trésorerie réelle” alimente le cercle vicieux de l’endettement hospitalier.
Les grilles tarifaires appliquées dans le secteur public, notamment pour les assurés sociaux et les soins de base, n’ont pas évolué au même rythme que le coût des technologies, des consommables importés et de la pharmacie hospitalière. Cela crée un décalage structurel entre les coûts réels de production des soins et les recettes générées.
La facture budgétaire de la santé publique pose la question de la soutenabilité à long terme de la gratuité, ou de la quasi-gratuité, des soins pour les strates vulnérables sans un mécanisme de compensation équitable et fluide. Il est probablement temps de réviser à la hausse ces tarifs. C’est indispensable pour la soutenabilité financière de ces structures.


