Fitch maintient le statu quo sur la note de la Tunisie. L’agence internationale a confirmé mardi 8 septembre sa note de défaut émetteur à long terme en devises étrangères à “B-“, avec une perspective stable. Derrière cette décision, un constat assez contrasté. La Tunisie conserve des atouts du côté de son économie et de ses recettes extérieures, mais ses finances publiques restent sous pression.
Fitch souligne notamment la résistance de la position extérieure du pays. L’économie tunisienne bénéficie d’une certaine diversification, d’un niveau de PIB par habitant supérieur à celui de plusieurs pays de la même catégorie de notation et d’une main-d’œuvre relativement qualifiée. Les recettes extérieures apportent également un peu d’air. Au premier semestre 2026, les exportations d’huile d’olive ont progressé de 44% sur un an, tandis que les services ont continué à soutenir les entrées de devises. Cette dynamique a notamment contribué à absorber une partie des pressions liées à la facture énergétique.
La balance courante devrait néanmoins se dégrader cette année. Fitch prévoit un déficit équivalent à 3,9% du PIB en 2026, sous l’effet notamment de la hausse des prix de l’énergie. L’agence table toutefois sur une réduction de ce déficit à moins de 2,5% du PIB en 2027 et 2028
La Tunisie a par ailleurs honoré en juillet une échéance extérieure importante avec le remboursement de son euro-obligation de 700 millions d’euros. Pour Fitch, cette capacité à faire face aux échéances extérieures constitue l’un des éléments qui soutiennent encore la notation du pays.
Le principal point de vigilance reste toutefois le budget de l’État. Fitch prévoit un déficit public de 6,4% du PIB en 2026. La hausse du coût des subventions aux carburants pèse notamment sur les comptes publics, tandis que les finances de l’État restent exposées à l’évolution des cours internationaux du pétrole.
La dette publique devrait atteindre 85 % du PIB cette année. C’est nettement plus que la médiane de 55% observée pour les pays classés dans la même catégorie de notation. Environ 40 % de cette dette étant libellée en devises étrangères, une baisse du dinar peut également alourdir son poids en monnaie locale.
Autre sujet suivi de près par l’agence, les besoins de financement de l’État. Fitch les estime à 13,5% du PIB à l’horizon 2028. Le recours au financement de la Banque centrale a déjà pris une place importante, avec des prêts de 7 milliards de dinars en 2024 et 2025 et un nouveau financement de 11 milliards de dinars prévu pour 2026.
Ce mécanisme ne devrait toutefois pas se poursuivre au même rythme. Fitch anticipe son arrêt en 2027, ce qui pourrait pousser l’État à davantage solliciter le marché intérieur. Les emprunts intérieurs nets passeraient ainsi de 1,7% du PIB en 2026 à 6,5% en 2027, selon les projections de l’agence.









