Le Burkina Faso veut revoir sa stratégie d’aménagement numérique pour mieux cibler les investissements et accélérer la couverture des zones encore mal desservies. La révision du Schéma directeur d’aménagement numérique (SDAN) doit permettre de remettre à jour la planification des infrastructures numériques du pays et de fixer une nouvelle trajectoire à l’horizon 2030.
Selon les données de l’Union internationale des télécommunications (UIT), seulement 28,3% de la population burkinabè utilisait Internet en 2024. Autrement dit, près de 72% de la population restait en dehors d’Internet. La couverture des réseaux mobiles montre également des écarts importants: la 3G couvrait 79,6% de la population et la 4G 63,7% en 2024.
Le chantier de révision du SDAN intervient cette semaine, du 6 au 12 septembre 2026, avec la consolidation de l’avant-projet par des représentants du ministère de la Transition digitale, des Postes et des Communications électroniques et de la Direction générale du développement territorial. Le document doit ensuite être présenté à la Commission nationale d’aménagement et de développement durable du territoire (CNADDT). Adopté en 2019, le SDAN sert de cadre pour organiser le développement des infrastructures et des services numériques en tenant compte des besoins propres aux différents territoires. Sa mise à jour doit notamment intégrer les évolutions technologiques, les nouvelles priorités nationales et les limites constatées depuis son adoption.
Le gouvernement a déjà commencé à renforcer ses outils de pilotage. En octobre 2025, il a lancé l’Observatoire de l’aménagement numérique (OAN), une plateforme qui cartographie les infrastructures numériques et rassemble les données utiles à leur planification. L’objectif est aussi d’aider les acteurs publics et privés à mieux coordonner leurs investissements et à éviter les doublons dans les travaux.
Sur le terrain, le principal défi reste celui des zones sans réseau. Le gouvernement estime que près de 2 000 villages administratifs ne disposent toujours d’aucune couverture téléphonique. Pour réduire ce déficit, le programme «Zéro zone blanche à l’horizon 2027» prévoit notamment la couverture de 750 nouvelles localités. Le projet représente un besoin total estimé à 75 milliards de FCFA, dont 37,5 milliards financés par l’État, le reste devant être pris en charge par les opérateurs.
Le Burkina Faso a par ailleurs renforcé ses capacités d’infrastructure avec la mise en service de deux centres de données publics. Le gouvernement indique également que 441 sites ont bénéficié du déploiement et de l’activation de services de téléphonie et d’Internet, dont 126 en zones rurales. La révision du SDAN doit ainsi servir à passer d’une logique de déploiement ponctuel à une planification plus fine du territoire. Pour un pays où moins d’un habitant sur trois utilisait Internet en 2024, l’enjeu sera surtout de transformer les investissements dans les réseaux en accès réel au numérique pour les populations et en opportunités économiques pour les entreprises.









