La Tunisie prend, ce 7 septembre 2026, la présidence de la 166e session du Conseil de la Ligue des États arabes au niveau ministériel. La session, qui réunit les ministres des Affaires étrangères des pays membres, sera présidée par Mohamed Ali Nafti, ministre tunisien des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger.
La veille de cette prise de fonction, le ministre tunisien s’est rendu au siège de la Ligue, au Caire, où il a rencontré son secrétaire général, Nabil Fahmy. D’après communiqué, les discussions ont porté principalement sur le fonctionnement de l’organisation et sur les moyens de renforcer la coopération entre ses membres. Il ne s’agit pas d’une prise de direction de la Ligue des États arabes. La présidence tunisienne concerne le Conseil au niveau ministériel, pour la session ouverte le 7 septembre. Elle revient à un État membre selon un principe de rotation et permet à son représentant de conduire les travaux et les consultations entre délégations. Pour la Tunisie, le mandat intervient aussi avec un intérêt particulier sur le plan institutionnel. Le pays accueille plusieurs organisations arabes spécialisées. Ces structures interviennent notamment dans l’éducation, la culture, l’économie, la technologie et d’autres domaines liés au développement. Cette implantation donne à Tunis un réseau institutionnel arabe installé de longue date. Le ministère des Affaires étrangères entend s’appuyer sur ces organismes pour renforcer les échanges entre institutions et développer les coopérations dans les domaines concernés. Le communiqué met l’accent sur plusieurs secteurs qui intéressent directement les entreprises et les institutions: économie, enseignement, recherche, technologie et développement. La présidence peut ainsi servir à faciliter les contacts avec les administrations et organismes des pays membres, alors que les relations économiques entre la Tunisie et plusieurs marchés arabes restent un axe de développement pour les entreprises tunisiennes. Pour les secteurs technologiques, les services, l’ingénierie ou la formation, les réseaux institutionnels de la Ligue peuvent notamment constituer des points d’entrée vers de nouveaux partenaires. L’enjeu sera moins la durée de la présidence que les dossiers qui pourront être concrètement avancés pendant cette période. Pour rappel, la Tunisie a rejoint la Ligue arabe en 1958, 13 ans après sa création. L’organisation avait été fondée le 22 mars 1945 par sept États: l’Égypte, l’Irak, la Transjordanie, le Liban, l’Arabie saoudite, la Syrie et le Yémen. Le rapport entre Tunis et l’organisation comporte toutefois un épisode singulier. Le siège de la Ligue, établi au Caire depuis 1945, a été transféré à Tunis en 1979, avant de retourner dans la capitale égyptienne en 1990. Cette période est indissociable de Chédli Klibi, ancien ministre tunisien de la Culture, qui a dirigé la Ligue arabe de 1979 à 1990. Il reste à ce jour le seul secrétaire général non égyptien de l’organisation. Le siège est depuis revenu au Caire, où la Ligue poursuit ses activités avec ses 22 États membres. La présidence de la 166e session donne à la Tunisie une place particulière dans les travaux ministériels de la Ligue pendant 6 mois. Elle peut surtout être utilisée pour mettre en relation les institutions tunisiennes avec leurs homologues arabes et pour faire avancer des dossiers de coopération dans les secteurs où les échanges peuvent déboucher sur des projets.









