La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) pourrait bénéficier d’un prêt de 30 millions de dollars accordé par le Fonds pour les technologies propres (Clean Technology Fund – CTF), dans le cadre d’un programme de réforme visant à améliorer les performances de l’entreprise publique et à accélérer le développement des énergies renouvelables. L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a publié, ce 14 juillet 2026, le projet de loi portant approbation de l’accord de garantie signé entre la Tunisie et la Banque mondiale le 3 novembre 2025, cette dernière intervenant en tant qu’entité chargée de la mise en œuvre du fonds.
Ce financement s’inscrit dans un programme plus large de modernisation du secteur de l’énergie, dont l’objectif est de renforcer l’efficacité opérationnelle de la Steg, d’améliorer sa situation financière et de consolider la gouvernance du secteur. Le gouvernement justifie cette réforme par les difficultés structurelles auxquelles fait face l’entreprise, dans un contexte où la Tunisie produit encore plus de 95 % de son électricité à partir du gaz naturel, ce qui la rend particulièrement vulnérable aux fluctuations des prix internationaux de l’énergie.
Le programme prévoit également d’accélérer le recours aux énergies renouvelables en soutenant les investissements dans les projets solaires et éoliens. Il ambitionne notamment de porter à 1 000 MW les capacités de production développées par des producteurs privés dans le cadre de contrats d’achat d’électricité conclus avec la Steg. L’objectif est de renforcer l’intégration des énergies renouvelables dans le réseau national, de réduire progressivement la dépendance aux combustibles fossiles et de limiter les émissions de gaz à effet de serre.
Au-delà du développement des capacités de production, les fonds serviront à améliorer les performances techniques et commerciales de la Steg, à restaurer progressivement ses équilibres financiers et à moderniser les mécanismes de gouvernance du secteur énergétique. Cette réforme s’inscrit dans le programme 2024-2028 engagé par les autorités pour redresser la situation de l’entreprise sans recourir à une augmentation des tarifs de l’électricité.
Le prêt proposé présente des conditions financières particulièrement longues, avec une durée de remboursement de 30 ans, dont 8 années de grâce, un taux d’intérêt fixe de 1,33 %, ainsi qu’une commission de 0,18 % sur les montants non décaissés. Les décaissements pourront être effectués jusqu’au 31 décembre 2029, tandis que l’emprunt sera garanti par l’État tunisien.
Par ce projet de loi, le gouvernement sollicite l’approbation du Parlement afin de finaliser ce financement, considéré comme un levier pour accélérer la restructuration de la Steg et accompagner la transition énergétique de la Tunisie.









