Plus de 9 000 patients ont déjà été enregistrés en quelques semaines dans le cadre du déploiement de l’Identifiant national de santé (INS). Si ce chiffre marque une première étape opérationnelle, il traduit aussi un intérêt croissant des Tunisiens pour cette réforme appelée à transformer durablement la gestion des données médicales dans les établissements de santé.
Porté par le ministère de la Santé, le projet vise à attribuer une identité numérique unique à chaque patient. À terme, ce numéro permettra de centraliser et de fiabiliser les informations médicales, tout en réduisant les erreurs liées à la multiplicité des dossiers ouverts dans différents hôpitaux. D’ailleurs, une phase pilote sera prochainement lancée à l’hôpital universitaire La Rabta avant une généralisation progressive à l’ensemble des structures hospitalières publiques. Le projet est supervisé par une commission réunissant médecins, administrateurs, techniciens du ministère et spécialistes de l’intelligence artificielle.
Une base de données plus fiable grâce à l’IA
L’intelligence artificielle occupe une place importante dans cette transformation, non pas pour remplacer les professionnels de santé, mais pour renforcer la qualité des données. Elle sera notamment mobilisée afin d’identifier automatiquement les dossiers en double, détecter les incohérences entre différentes bases de données et améliorer la fiabilité des informations avant leur intégration dans le système national.
Cette étape est essentielle. Une base de données fiable constitue le socle de toute stratégie de santé numérique. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), des données de santé de qualité et interopérables permettent d’améliorer la continuité des soins, d’optimiser la planification des ressources hospitalières, de renforcer la surveillance épidémiologique et de favoriser le développement d’innovations numériques au service des patients.
Au-delà des gains administratifs, cette modernisation pourrait également réduire les examens médicaux réalisés en double, accélérer la prise en charge des patients et offrir aux médecins une vision plus complète de l’historique médical de chaque personne.
Une tendance déjà engagée dans plusieurs pays
Avec ce projet, la Tunisie rejoint un mouvement international de modernisation des systèmes de santé. En France, l’Identité nationale de santé (INS) est utilisée de manière obligatoire depuis 2021. Elle permet d’identifier chaque patient de façon unique afin de sécuriser le partage des informations médicales entre les professionnels de santé, tout en limitant les erreurs d’identification.
L’Estonie, souvent considérée comme l’un des pays les plus avancés en matière de santé numérique, s’appuie également sur une identité numérique nationale donnant accès à un dossier médical électronique partagé, aux ordonnances dématérialisées et à de nombreux services de santé en ligne. Cette organisation a considérablement simplifié les démarches des patients et renforcé l’efficacité du système de soins.









