La Tunisie a conclu 79 accords bilatéraux dans le domaine du transport aérien avec différentes régions du monde, mais une partie de ces conventions n’est toujours pas entrée en exploitation effective. Un constat qui relance le débat sur la capacité du pays à transformer ses partenariats aériens en véritables leviers de croissance pour le tourisme, les échanges économiques et l’investissement.
Lors d’une séance consacrée à l’examen de deux projets d’accords aériens avec le Koweït et le Sultanat d’Oman, les représentants du ministère du Transport ont présenté à la Commission de la planification stratégique, du développement durable, du transport, des infrastructures et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) l’état des lieux du réseau d’accords aériens de la Tunisie.
Selon les données communiquées aux députés, la Tunisie est liée par 32 accords avec des pays européens, 18 avec des pays arabes, 20 avec des pays africains ainsi que 9 accords avec des pays asiatiques et américains. Cependant, le ministère a précisé que certains de ces accords sont déjà entrés en vigueur, tandis que d’autres, bien que signés ou ratifiés, restent encore non opérationnels pour différentes raisons.
Cette situation met en lumière un enjeu majeur pour la compétitivité du secteur aérien tunisien : disposer d’un réseau juridique international ne suffit pas, encore faut-il réussir à convertir ces accords en liaisons aériennes concrètes capables de générer des retombées économiques.
Dans ce contexte, les deux nouveaux accords examinés avec Oman et le Koweït s’inscrivent dans une volonté de moderniser le cadre réglementaire et d’adapter les relations aériennes tunisiennes aux évolutions du secteur mondial. L’accord avec le Koweït vient actualiser une convention datant de 1975, tandis que celui avec Oman remplace l’accord signé en 1985. Le ministère du Transport estime que ces nouveaux textes permettront de renforcer la connectivité aérienne, notamment à travers la création potentielle de nouvelles lignes directes, tout en intégrant les standards internationaux en matière de sécurité et de sûreté aériennes.
Les représentants du ministère ont également indiqué que Tunisair est associée aux différentes étapes de préparation et de négociation de ces accords. Selon eux, l’ouverture de nouvelles dessertes pourrait offrir de nouvelles opportunités de développement à la compagnie nationale.
Mais les débats à l’ARP ont également rappelé que l’amélioration de la connectivité aérienne doit s’accompagner d’une montée en gamme des infrastructures et des services. Plusieurs députés ont soulevé les difficultés rencontrées par les voyageurs dans certains aéroports tunisiens, notamment à Tunis-Carthage, appelant à une stratégie globale de modernisation du secteur.
Les parlementaires ont aussi insisté sur la nécessité de renforcer les connexions aériennes avec l’Afrique, alors que les accords avec les pays africains restent moins nombreux comparativement aux partenariats européens.
Avec ces nouveaux accords et la révision annoncée du cadre législatif du transport aérien, la Tunisie cherche désormais à passer d’une logique d’ouverture diplomatique à une logique de valorisation économique de son réseau aérien international.









