« La Tunisie figure parmi les principaux pays de la région MENA dotés de systèmes publics structurés de gestion des déchets » : c’est le constat de Nesrine Guederi, Directrice des études économiques et environnementales au ministère de l’Environnement, en marge du lancement du projet SWAP.
Un satisfecit qui tranche avec un chiffre : le taux de recyclage ne dépasse toujours pas 10 % dans le pays, malgré des filières déjà en place pour le plastique, les pneus, les huiles moteur, les batteries et les piles.
Un volume qui dépasse les capacités
Le pays produit plus de 2,6 millions de tonnes de déchets municipaux par an, dont 1 million pour le seul Grand Tunis. 17 décharges contrôlées et 57 centres de transfert absorbent ce flux ; leur exploitation revient au privé, mais la facture reste publique à 80 %, contre 20 % pour les municipalités.
Le déchet, nouveau levier climatique
La CDN Tunisie 3.0 (Feuille de route climatique du pays 2026-2035) fait désormais du secteur un moteur d’investissement et d’emplois verts. Objectif national : -62 % d’intensité carbone d’ici 2035.
Les déchets devraient porter 4 % des réductions de GES attendues, et devenir le deuxième poste d’investissement climatique du pays. « Les déchets ne sont pas une fatalité mais un gisement de ressources », résume Guederi, pour qui le modèle linéaire ; extraire, fabriquer, consommer, jeter a fait son temps.
Le projet SWAP en fer de lance
Lancé le 9 juillet par le ministère de l’Environnement et le PNUD, ce projet doté de 5 millions de dollars par le Fonds mondial pour l’environnement cible Tunis, Ariana, Ben Arous et la Manouba jusqu’en 2030, pour réduire déchets et pollution chimique à la source. En parallèle, plusieurs pilotes tournent déjà : tri à la source dans le Grand Tunis, Sousse et Djerba, cogénération à Sousse, biogaz à Djerba (6 000 tonnes/an).









