Le marché de l’emploi en Tunisie a enregistré une légère amélioration au premier trimestre 2026. Selon les données publiées par Institut national de la statistique, le taux de chômage est descendu à 15 %, contre 15,2 % au quatrième trimestre 2025. Mais derrière cette baisse globale, plusieurs indicateurs continuent d’alerter, notamment la hausse du chômage des diplômés de l’enseignement supérieur et le maintien d’un niveau très élevé chez les jeunes.
L’INS indique que le nombre de chômeurs a reculé de 3 500 personnes en un trimestre, pour atteindre 641 700 individus. Dans le même temps, la population active a progressé de 13 000 personnes, atteignant 4,268 millions d’actifs. Cette hausse a fait grimper le taux d’activité à 45,9 %, contre 45,4 % fin 2025. Le nombre de personnes occupées a également augmenté. La Tunisie compte désormais 3,626 millions d’emplois, soit 16 500 postes supplémentaires par rapport au trimestre précédent. Les hommes représentent près de 70 % des actifs occupés. Le secteur des services reste de loin le premier employeur du pays avec 52,9 % des emplois. Il est suivi par les industries manufacturières (19 %), l’agriculture et la pêche (15,7 %) et les industries non manufacturières (12,3 %).
Les plus touchés
L’un des principaux signaux d’alerte concerne les diplômés de l’enseignement supérieur. Leur taux de chômage est passé de 22,5 % à 24,2 % en un trimestre. L’écart entre hommes et femmes reste particulièrement marqué. Chez les diplômées, le taux de chômage atteint 32 %, contre 14,2 % chez les hommes diplômés.
Ces chiffres montrent que l’amélioration globale du marché de l’emploi ne profite pas de manière égale à toutes les catégories. Les diplômés et les jeunes continuent de rencontrer des difficultés importantes d’insertion professionnelle, tandis que les femmes restent davantage exposées au chômage. L’INS souligne également des disparités territoriales. Le chômage atteint 16,5 % en milieu rural, contre 14,4 % en milieu urbain. Ces écarts traduisent les difficultés persistantes d’accès à l’emploi dans plusieurs régions intérieures, où les opportunités économiques restent limitées.









