Le 4 mai 2026, la Commission européenne a dévoilé une nouvelle version révisée du règlement européen contre la déforestation (EUDR), un texte destiné à empêcher l’importation sur le marché européen de produits liés à la destruction des forêts.
Adopté initialement en 2023 dans le cadre du Pacte vert européen, le règlement cible plusieurs matières premières considérées comme responsables d’une grande partie de la déforestation mondiale, notamment le cacao, le café, le soja, l’huile de palme, le bois, le caoutchouc et le bétail. Les entreprises qui commercialisent ces produits dans l’Union européenne doivent prouver qu’ils ne proviennent pas de terres déboisées après le 31 décembre 2020.
Face aux critiques des entreprises et des pays exportateurs sur la lourdeur du dispositif, Bruxelles a toutefois engagé une série de simplifications afin de faciliter sa mise en œuvre sans remettre en cause les objectifs environnementaux du texte.
Selon la Commission européenne, les nouvelles mesures devraient réduire d’environ 75 % les coûts annuels de conformité pour les entreprises concernées, qui passeraient de 8,1 milliards d’euros à près de 2 milliards d’euros.
La principale modification consiste à transférer la responsabilité essentielle de la diligence raisonnable vers le premier opérateur mettant les produits sur le marché européen. Les acteurs situés plus en aval de la chaîne devront surtout conserver et transmettre les informations de traçabilité, sans devoir déposer de nouvelles déclarations complètes.
Le texte prévoit également un régime simplifié pour les micro et petites entreprises, notamment dans les pays classés « faible risque ». Ces opérateurs pourront utiliser des procédures allégées et des déclarations simplifiées.
En parallèle, la Commission européenne a proposé plusieurs ajustements concernant les produits couverts par le règlement. Certains produits transformés, comme le café soluble ou des dérivés de l’huile de palme, seraient ajoutés à la liste. D’autres produits, notamment le cuir, les pneus rechapés, certains emballages ou encore les produits d’occasion, pourraient être exclus. Une consultation publique reste ouverte jusqu’au 1er juin 2026.
Malgré ces aménagements, le principe du règlement demeure inchangé. Les entreprises devront toujours démontrer que leurs produits ne contribuent ni à la déforestation ni à la dégradation des forêts et qu’ils respectent les lois du pays d’origine. Les obligations de géolocalisation des parcelles agricoles restent également maintenues.
L’entrée en application du règlement reste fixée au 30 décembre 2026 pour les grandes et moyennes entreprises et au 30 juin 2027 pour les petites structures.
Cette réforme est particulièrement suivie en Afrique, plusieurs pays du continent étant d’importants exportateurs de cacao, de café, de bois ou de caoutchouc vers l’Europe. Plusieurs États ont déjà commencé à investir dans des systèmes numériques de traçabilité et des technologies de géolocalisation afin de répondre aux nouvelles exigences européennes.









