Au croisement de la recherche scientifique et des enjeux économiques, l’innovation tunisienne vient de signer une belle réussite à Marseille. Le 5 novembre, une équipe de l’Université de Sousse y a remporté le Prix de l’Innovation Économique du Forum Méditerranéen de l’IA (FMIA), grâce à un projet d’intelligence artificielle consacré à la filière oléicole. Sur les 83 initiatives présentées, six ont été retenues pour la finale, donnant lieu à l’attribution de deux distinctions. L’une d’elles a récompensé le travail de la délégation tunisienne, dont la performance a été saluée par l’Ambassade de Tunisie en France. Au-delà du prix, cette reconnaissance consacre le potentiel des compétences scientifiques tunisiennes et leur contribution aux nouvelles perspectives de l’innovation.
Baptisé « L’IA qui protège l’huile d’olive et anticipe la récolte », ce projet s’appuie sur une intelligence artificielle frugale, pensée pour fonctionner avec des moyens informatiques limités. En croisant des données spectrales, agronomiques et climatiques, elle permet d’authentifier l’huile d’olive, de déceler les fraudes et d’anticiper les rendements des récoltes.
Au-delà de leur dimension technologique, ces fonctionnalités répondent aux besoins réels d’une filière stratégique pour l’économie tunisienne. La vérification de l’authenticité participe à la préservation de la renommée de l’huile d’olive nationale, tandis que la prévision des récoltes permet aux acteurs du secteur d’anticiper leurs besoins et d’affiner leurs choix de production et de commercialisation. Autant de leviers pour faire rayonner cet héritage oléicole et conforter sa compétitivité sur les marchés.
Piloté par Farah Jemili Ghaddab, professeure à l’ISITCom, le projet mobilise des compétences issues de plusieurs horizons. L’équipe rassemble Ouajdi Korbaa, vice-président de l’Université de Sousse, Salma Mezghani et Imen Khatib, diplômée du Master Recherche en Intelligence Artificielle. Elle s’appuie, par ailleurs, sur la collaboration de Mouna Aiachi Mezghani, de l’Institut de l’Olivier de l’Université de Sfax, dont les connaissances agronomiques apportent un ancrage essentiel au développement informatique.
Cette coopération entre deux universités et deux disciplines met en lumière une recherche tunisienne capable de dépasser les frontières du laboratoire pour répondre à des besoins économiques concrets. Le prochain défi sera de traduire cette distinction scientifique en retombées tangibles pour les professionnels de la filière, des producteurs aux exportateurs.









