Du champ à l’usine, le Bénin entend désormais maîtriser toute la chaîne de valeur de son or blanc. Le gouvernement ambitionne de transformer localement la totalité de sa production cotonnière et de porter les exportations nationales à près de 6 milliards de dollars d’ici à 2030, a déclaré, jeudi, le ministère de l’Industrie et du Commerce à l’agence Xinhua.
Derrière cette ambition se dessine une volonté de rompre avec une longue tradition d’exportation de la fibre brute vers l’Europe et l’Asie. Si cette vocation cotonnière a hissé le Bénin parmi les grands producteurs du continent, elle l’a longtemps maintenu en amont d’une chaîne de valeur dont les étapes les plus lucratives – filature, tissage et confection – se déroulaient ailleurs.
Pour amorcer ce changement de cap, le Bénin mise sur la Zone économique spéciale de Glo-Djigbé (GDIZ). Cette plateforme industrielle contribue progressivement à renforcer la transformation locale du coton et à faire du pays un acteur de la production et de l’exportation de textiles à forte valeur ajoutée. L’ambition est double: diversifier les produits destinés aux marchés extérieurs et réduire la dépendance des recettes d’exportation aux fluctuations des cours mondiaux du coton brut.
Cet enjeu revêt une dimension stratégique au regard de l’importance du coton dans l’économie agricole nationale. Source majeure de recettes d’exportation, cette culture représente également un moyen de subsistance essentiel pour de nombreuses populations rurales. Sa valorisation industrielle pourrait ainsi ouvrir de nouvelles perspectives de développement, en faisant de cet «or blanc» un levier de création de valeur ajoutée, d’emplois qualifiés et de dynamisation de l’ensemble de la filière.








