Les jeunes entreprises africaines qui peinent à convaincre les investisseurs traditionnels disposent d’une nouvelle possibilité de financement. Madica a obtenu un engagement supplémentaire de 6 millions de dollars de Flourish Ventures pour prolonger son programme d’investissement de trois ans et accompagner entre 25 et 30 startups supplémentaires sur le continent. L’objectif est de financer des entreprises en phase de démarrage, tout en leur apportant un accompagnement opérationnel pour accélérer leur développement.
Lancé en 2022, Madica cible notamment les entrepreneurs issus de marchés peu couverts par les investisseurs, les secteurs moins représentés et les écosystèmes situés en dehors des principaux pôles technologiques africains. Son approche combine financement en capital, mentorat et accompagnement à la structuration de l’entreprise. Le programme prévoit des investissements pouvant atteindre 200 000 dollars par startup, selon les modalités présentées sur son site officiel.
Cette nouvelle enveloppe s’appuie sur un premier bilan de 18 startups financées dans 10 pays et 12 secteurs. Le portefeuille couvre notamment l’intelligence artificielle, les technologies climatiques, les semi-conducteurs, les biotechnologies, les ressources humaines et la mobilité. D’après Madica, les entreprises accompagnées ont obtenu, en moyenne, des financements complémentaires équivalant à deux fois l’investissement initial du programme. Un indicateur encourageant, qui ne constitue toutefois pas une garantie de rentabilité ni de réussite commerciale à long terme. Au-delà des montants investis, Madica entend vérifier si un financement précoce, associé à un accompagnement adapté, permet à des entrepreneurs habituellement délaissés par les circuits traditionnels de construire des entreprises capables de changer d’échelle. La prolongation de trois ans doit lui donner davantage de recul pour évaluer leur croissance, leur capacité à attirer de nouveaux investisseurs et, à terme, les possibilités de sortie pour les investisseurs.
Le programme recherche des startups dont le siège se trouve en Afrique, disposant d’un produit minimum viable (MVP) et de premiers clients payants. Les fondateurs doivent travailler à temps plein sur leur entreprise, qui doit avoir reçu peu ou pas de financement institutionnel. Les candidatures peuvent être déposées directement sur le site de Madica.
Pour les entrepreneurs africains, l’enjeu est concret : accéder non seulement à des capitaux au démarrage, mais aussi à un réseau, à des compétences et à un accompagnement susceptibles de faciliter les prochaines étapes de croissance. Le succès de cette nouvelle phase dépendra toutefois de la capacité des entreprises financées à transformer ces ressources en activité durable et en résultats économiques mesurables.









