Traquer les anomalies, vérifier des documents, interroger des professionnels et observer les pratiques sur le terrain: le métier d’auditeur de certification ressemble parfois davantage à une enquête qu’à un emploi de bureau classique. Et pour certains professionnels expérimentés, cette activité peut devenir une source importante de revenus en indépendant.
Le principe est simple: selon Cadremploi, l’auditeur doit déterminer si une organisation, un produit, un service ou une personne respecte les exigences d’un référentiel de certification. Son travail repose notamment sur les entretiens, l’examen de documents et l’observation sur le terrain. Il doit ensuite restituer ses constats, en distinguant les éléments conformes des éventuelles non-conformités, dans un rapport. Cadremploi cite trois qualités essentielles pour exercer: l’intégrité, la méthode et la perspicacité.
Le métier ne s’adresse toutefois pas particulièrement aux débutants. Selon Philippe Bourdalé, responsable du département de gestion des compétences d’AFNOR Certification, les professionnels commencent généralement cette activité entre 45 et 48 ans, après avoir accumulé une expérience suffisante pour valoriser leur expertise. Dans le domaine de la qualité, de la sécurité et de l’environnement, certains sont notamment d’anciens responsables QSE.
Cette expérience constitue justement l’un des principaux atouts du métier. AFNOR indique rechercher des professionnels disposant déjà d’une expertise dans des secteurs comme l’automobile, l’aéronautique, l’agroalimentaire, la formation professionnelle ou les systèmes d’information. Le groupe propose à ces experts de rejoindre son réseau de partenaires en tant qu’auditeurs, consultants ou formateurs.
L’indépendance est également au cœur du modèle. Selon les données rapportées par Cadremploi auprès d’AFNOR Certification, environ 95% des auditeurs travaillant avec l’organisme exercent sous un statut indépendant, notamment en auto-entreprise, EURL ou SAS. L’audit n’est d’ailleurs pas toujours leur seule activité: conseil et formation complètent fréquemment leurs revenus. Côté rémunération, Cadremploi rapporte un tarif moyen de 600 euros HT par jour pour les auditeurs travaillant avec AFNOR. Les experts concernés réaliseraient entre 40 et 100 jours de missions par an pour l’organisme. À 100 jours, cela représente donc jusqu’à 60 000 euros de chiffre d’affaires brut, avant charges, impôts et autres frais professionnels. Il ne s’agit donc pas d’un salaire net ni d’un revenu garanti.
Un témoignage illustre aussi le potentiel économique du modèle. Un auditeur exerçant en SAS indique réaliser 140 000 euros de chiffre d’affaires annuel grâce à un ensemble de missions d’audit et de conseil. L’audit représente, dans son cas, 35 à 40% de son activité, soit environ 49 000 à 56 000 euros de chiffre d’affaires.
Le véritable intérêt de cette activité réside donc moins dans la promesse d’un revenu élevé que dans la possibilité de transformer plusieurs années d’expérience professionnelle en activité indépendante. Plus l’auditeur maîtrise de référentiels et de secteurs, plus il peut élargir son champ de missions. AFNOR précise aujourd’hui gérer un réseau de près de 3 000 experts en France et à l’international, ce qui confirme l’existence d’un marché structuré autour de ces compétences.









