Lundi, en conférence de presse, le ministère de l’Enseignement supérieur a tourné la page du projet tuniso-français «Savoir Agir», porté depuis plus de deux ans autour d’une idée simple: rapprocher l’université du monde professionnel.
Mounir Ayadi, chargé de l’innovation universitaire au sein du ministère, a annoncé la clôture officielle du dispositif. Un dispositif avec un impact qui se fera encore sentir sur le terrain dans les années à venir.
Des compétences qui touchent toutes les filières
Plutôt que de s’attaquer aux programmes eux-mêmes, le projet a choisi une voie transversale: munir les étudiants, abstraction faite de leur spécialité, d’un socle commun de compétences en langues et en pédagogie, du début à la fin du cycle de licence. Une manière de combler ce qui manque généralement dans le cadre d’un diplôme classique: des outils directement mobilisables sur le marché du travail, en complément du bagage académique. La rentrée 2026-2027 verra ainsi environ 80 000 étudiants bénéficier concrètement de ces nouveaux acquis.
1 363 enseignants formés sur quatre volets
Le ministre Mondher Belaïd s’est exprimé dans ce cadre pour détailler la mécanique du dispositif. Premier volet: les compétences universitaires fondamentales; organisation, recherche documentaire, sens critique, initiative et résolution de problèmes, qui ont mobilisé 413 enseignants. Deuxième volet: le renforcement du français à l’oral comme à l’écrit, suivi par 236 enseignants. Troisième volet: l’anglais scientifique, pensé pour faciliter la mobilité et l’accès à la recherche internationale, avec 344 enseignants concernés. Dernier volet: les compétences de vie; leadership, travail en équipe, créativité, gestion des émotions, adaptabilité, qui ont touché 370 enseignants.
Au total, ce sont 1 363 enseignants qui ont suivi 19 sessions et participé à 71 ateliers, et qui auront pour mission de transmettre ces acquis à leurs collègues dès la rentrée prochaine.
Une réforme des licences en background
Le projet ne s’est pas limité à la formation des enseignants. Il a mis en place, en parallèle et avec l’appui de l’Institut français et de l’ambassade de France, un vaste chantier de qualification des licences: le conseil des universités vient d’ailleurs de valider le passage à 1 191 filières et offres de formation, une bascule qui prendra effet en septembre 2026.
Pour financer l’ensemble de cette coopération sur la période 2023-2026, l’ambassadrice de France, Anne Guéguen, a confirmé une enveloppe de 2 millions €.









