Une dynamique nationale portée par la montée des renouvelables, les économies d’énergie et une nouvelle vision du développement durable.
À l’occasion du 40e anniversaire de l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), la Tunisie met en lumière quatre décennies d’engagement en faveur de la transition énergétique. Entre montée en puissance des énergies renouvelables, diffusion de l’efficacité énergétique et transformation progressive du modèle national, cet anniversaire consacre le rôle central d’une institution devenue un acteur clé de la souveraineté énergétique et du développement durable du pays.

La Tunisie accélère sa transition énergétique : cap sur un modèle durable et souverain. La part des énergies renouvelables dans le mix électrique tunisien a atteint environ 6 % à la fin de l’année 2025, selon les chiffres officiels, et devrait poursuivre sa progression dans les prochaines années. Les projections annoncent une hausse à 9 % avec la mise en service de nouvelles centrales, avant d’atteindre près de 10 % d’ici la fin de l’année 2026, confirmant l’accélération progressive de la transition énergétique nationale.
Ces avancées ont été présentées lors de l’ouverture du Congrès national de la transition énergétique, organisé les 20 et 21 mai 2026 à Tunis par l’ANME, sous le thème « Une transition énergétique juste, durable et innovante ». À cette occasion, le secrétaire d’État chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane, a souligné que la Tunisie est entrée dans une nouvelle phase stratégique, où les enjeux énergétiques dépassent les considérations techniques pour toucher directement à la souveraineté nationale et aux choix structurels du pays.
Revenant sur le 40e anniversaire de l’ANME, il a mis en avant le rôle historique de l’agence dans la diffusion de la culture de l’efficacité énergétique, la rationalisation de la consommation et la promotion des énergies renouvelables.Il a également rappelé l’expertise développée par la Tunisie dans ce domaine,aujourd’hui reconnue aux niveaux régional et international.Dans ce contexte, les autorités insistent sur la nécessité d’accélérer la transformation du système énergétique national autour de deux piliers complémentaires : le développement des énergies renouvelables et le
renforcement des programmes d’efficacité énergétique. Selon le secrétaire d’État, l’ampleur du déficit énergétique rend cette évolution incontournable, tout en plaçant l’ANME au cœur de l’accompagnement de cette mutation stratégique.
Économies d’énergie, solaire et modernisation: du concret sur le terrain
Au-delà des ambitions, les résultats commencent déjà à se matérialiser. Le directeur général de l’ANME, Nafaâ Baccari, a indiqué que l’intégration progressive des énergies renouvelables a permis de générer des économies significatives sur les importations de gaz, estimées à environ 9,6 millions de dinars, dans un contexte où la facture énergétique nationale atteignait près de 14 milliards d’euros en 2019.
Parmi les acquis les plus marquants figure également la généralisation du chauffage solaire de l’eau sanitaire, avec plus d’un million de ménages équipés en systèmes solaires thermiques. Une avancée majeure qui s’inscrit dans une stratégie visant à réduire la dépendance aux énergies fossiles et à renforcer l’indépendance énergétique du pays.
Dans la même dynamique, plusieurs programmes destinés aux ménages se poursuivent, notamment le développement des installations photovoltaïques surtoiture, ainsi que des mécanismes de soutien liés aux économies d’énergie réalisées grâce aux politiques publiques.L’efficacité énergétique se traduit également par des projets structurants, dont la modernisation de l’éclairage public. Un programme prévoit le remplacement d’environ 350 000 points lumineux par des lampes LED à haute efficacité énergétique, permettant jusqu’à 30 % d’économies d’énergie. Le projet, dont le financement est déjà finalisé, devrait être lancé en 2027, avec une extension progressive selon la mobilisation de financements complémentaires.
Au-delà des projets en cours, les priorités de la prochaine phase de transition énergétique se dessinent déjà clairement : décarbonation de l’industrie,valorisation énergétique des déchets, développement de la mobilité durable et électrification des usages. Les collectivités locales sont également appelées à jouer un rôle accru dans cette transformation, notamment à travers l’optimisation de l’éclairage public et l’amélioration de l’efficacité énergétique des infrastructures.
À travers ces chantiers, la Tunisie confirme son orientation vers un modèle énergétique plus durable, fondé sur la diversification des sources, la réduction de la dépendance aux énergies fossiles et la montée en puissance des renouvelables.Une trajectoire que l’ANME, forte de ses 40 ans d’existence, continue d’accompagner comme pilier central d’une transition qualifiée de « juste,durable et inclusive ».









