Dans son Rapport économique sur l’Afrique 2026, relatif à la croissance par l’innovation, la Commission économique pour l’Afrique (CEA) des Nations unies place la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) au centre du développement des chaînes de valeur régionales.
Selon le rapport, la Zlecaf constitue un levier important pour intégrer l’innovation à ces chaînes de valeur. À cet effet, la CEA appelle les pays africains à tirer pleinement parti des opportunités offertes par la mise en œuvre de la Zone afin de donner une nouvelle dimension à cette dynamique d’intégration.
Cette ambition passe notamment par une utilisation accrue des technologies de pointe et une meilleure intégration des systèmes numériques. Le rapport cite, à ce titre, le Système panafricain de paiement et de règlement, qui facilite les paiements transfrontaliers en temps réel et contribue au développement du commerce intra-africain. Les paiements numériques et l’argent mobile apparaissent également comme des outils permettant de fluidifier les échanges, de renforcer l’inclusion financière et d’ouvrir de nouvelles perspectives économiques aux micro-entreprises et aux petites et moyennes entreprises (PME). À ces avancées s’ajoutent la numérisation de la logistique et le développement du commerce électronique, dont les retombées peuvent être rapides et significatives.
Des ressources stratégiques à l’industrialisation verte
Au-delà des échanges commerciaux, les minerais critiques et les énergies propres représentent un autre axe de valorisation du potentiel africain. Le rapport rappelle que le continent détient 30% des réserves mondiales de minerais critiques et dispose de 60% des meilleures ressources solaires au monde. Ces atouts lui offrent des perspectives pour prendre une place importante sur le marché en pleine expansion des technologies de pointe. Pour concrétiser ce potentiel, les pays africains sont appelés à adapter leur production aux réalités de leurs territoires et à renforcer leur intégration dans les chaînes de valeur, aussi bien locales que mondiales. Une telle démarche pourrait favoriser l’émergence d’une industrialisation plus verte. Dans cette perspective, les véhicules électriques sont également présentés comme une source potentielle de création d’emplois et de recettes d’exportation.
Le secteur manufacturier occupe, lui aussi, une place importante dans cette dynamique. Toujours selon le rapport, il figure parmi les secteurs qui tirent le plus régulièrement parti des technologies de pointe. L’intégration du numérique, l’amélioration de l’organisation industrielle et le renforcement des performances logistiques permettent en effet d’accroître l’efficacité de la production et de réaliser des économies d’échelle. Autant d’évolutions qui font de l’industrie manufacturière un moteur potentiel de la transformation économique du continent.
Toutefois, la concrétisation de ces perspectives reste tributaire de plusieurs conditions. La CEA souligne que les retombées économiques des technologies dépendent notamment des compétences disponibles, des capacités industrielles, des infrastructures, de la qualité des institutions et de l’accès aux financements. Le rapport relève également que la majorité des données africaines sont hébergées en dehors du continent et que les tensions géopolitiques constituent un frein à l’innovation technologique. Malgré ces contraintes, les perspectives de croissance demeurent positives. Pour 2026, la CEA prévoit une croissance du PIB réel africain de 4%, soit un rythme comparable à celui estimé pour 2025. Cette évolution s’appuie notamment sur l’amélioration de la stabilité macroéconomique, le renforcement de l’investissement public et la progression de la consommation.
Dans ce contexte, la Zlecaf apparaît comme un cadre de valorisation des ressources et des capacités du continent, à condition que les opportunités offertes par l’innovation se traduisent par une intégration économique plus approfondie.









