Le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) est bien plus qu’une simple exigence réglementaire. C’est un défi commercial stratégique qui exige une préparation précoce et des données fiables. Les émissions de carbone deviennent un facteur de plus en plus déterminant dans les coûts d’exportation, les marges bénéficiaires et la sélection des fournisseurs. La supervision du cours des certificats doit être mécanique.
Pour le troisième trimestre 2026, la Commission européenne a fixé le prix de la tonne d’équivalent CO2 à 82,32 €. Ce prix est en hausse par rapport aux 1er et 2e trimestres qui affichaient, respectivement, des valorisations de 75,36 et 75,28 €.
La hausse du prix s’explique par la formule même du dispositif. Le prix du certificat MACF est le reflet direct du marché réglementé des quotas d’émission de l’Union européenne. Cette dernière applique une réduction linéaire stricte du plafond global d’émissions autorisées. Moins de quotas disponibles aux enchères fait mécaniquement grimper les prix.
De plus, l’année 2026 marque le début de la suppression graduelle des allocations gratuites accordées jusqu’alors aux industriels européens pour faire face à la concurrence internationale. Les entreprises doivent donc acheter davantage de volumes sur le marché. Cela sans oublier que l’intégration totale du secteur maritime, contraint à couvrir l’intégralité de ses émissions cette année, et l’inclusion de nouveaux gaz accentuent la pression sur la demande globale de quotas.
Pour les exportateurs tunisiens, ils doivent anticiper dès aujourd’hui un déficit structurel de l’offre de quotas, orientant les cours à la hausse. Ils doivent tenir compte de cette tendance dans leur budget de l’année prochaine.









