La Banque africaine de développement (BAD) et l’institution italienne Cassa Depositi e Prestiti (CDP) vont injecter 35 millions de dollars dans un fonds dédié aux entreprises en croissance en Afrique du Nord. Pour la Tunisie, l’opération mérite attention. Le RMBV North Africa Fund III a déjà des participations ou opérations identifiées dans le pays.
En effet, la BAD apporte 15 millions de dollars en fonds propres, tandis que la CDP engage 20 millions de dollars à travers la Plateforme pour la croissance et la résilience en Afrique (GRAf). L’annonce a été faite le 14 août 2026.
Le fonds cible des entreprises de taille intermédiaire dans quatre grands domaines à savoir santé, éducation, services financiers et biens de consommation. Il intervient au capital des sociétés pour financer leur développement et peut prendre des participations majoritaires ou minoritaires.
Trois entreprises tunisiennes déjà dans le portefeuille
C’est surtout la présence tunisienne dans le portefeuille qui donne du relief à l’opération. Les documents d’évaluation de la BAD font apparaître Lectus, active dans la santé, avec une opération de 25 millions de dollars, dont 20 millions apportés par le fonds et 5 millions en co-investissement. Taym, dans les services financiers, apparaît avec une opération de 31 millions de dollars, dont 22 millions provenant du fonds. Atlantis, dans les biens de consommation, figure également dans le portefeuille avec une participation prévue de 16 millions de dollars. Ces chiffres correspondent aux opérations identifiées dans les documents de la BAD et permettent de mieux comprendre la stratégie du fonds. Il ne cherche pas uniquement des start-up, mais des entreprises déjà installées et capables de changer d’échelle.
À l’échelle du fonds, la Tunisie représente environ 20 % de l’allocation géographique cible, derrière l’Égypte, qui concentre 55 %, tandis que le Maroc et l’Algérie représentent respectivement 20 % et 5 %.
Un financement pour passer à l’échelle
Le RMBV North Africa Fund III vise une taille de 300 millions de dollars dans sa première configuration. Les documents de la BAD indiquent qu’il entend réaliser une dizaine d’investissements dans la région, avec des tickets suffisamment importants pour accompagner des entreprises dans une nouvelle phase de développement. Pour les entreprises tunisiennes, l’enjeu est donc moins de trouver un financement de démarrage que de disposer de capitaux pour grandir, renforcer leurs capacités, améliorer leur gouvernance ou s’étendre sur de nouveaux marchés. L’arrivée de la BAD et de la CDP apporte par ailleurs une nouvelle couche de crédibilité institutionnelle à ce véhicule. La participation italienne passe par GRAf, une plateforme de co-investissement développée dans le cadre du Plan Mattei pour l’Afrique. Avec cette nouvelle enveloppe, le fonds dispose désormais de moyens supplémentaires pour poursuivre ses investissements en Afrique du Nord. Pour la Tunisie, le point à suivre sera surtout la capacité de ce capital à accompagner davantage d’entreprises locales dans leur changement d’échelle.









