Le think tank sud-africain Global Center on AI Governance (GCAIG) vient de dévoiler la deuxième mouture de son Global Index on Responsible AI (GIRAI). Résultat pour la Tunisie sur les 135 pays et territoires passés au crible, une 110e place mondiale et un 23e rang africain.
Un indice qui juge la gouvernance, pas la puissance technologique
Le GIRAI ne mesure pas la puissance technologique d’un pays, ses investissements en IA ou son nombre de chercheurs ne sont pas pris en considération. L’indice juge plutôt si les États encadrent réellement l’intelligence artificielle : éthique, respect des droits humains, transparence, gouvernance. Les données retenues couvrent 23 mois, de novembre 2023 à fin septembre 2025.
Tunisie, les bases sont là mais le cadre institutionnel est encore faible
Score global : 16,37 sur 100, un niveau qui trahit une maturité toute relative en la matière. Le pays s’en sort le mieux sur le volet des fondations disponibles pour bâtir une IA responsable ; ressources numériques, institutions, infrastructures, avec 49,22 points, signe que des bases existent sans pour autant se traduire en pratiques abouties.
Viennent ensuite la confiance et la sécurité des systèmes (23,52 points), l’inclusion (19,22) et l’implication de la société civile (16,04). Le reste du tableau est plus sombre : zéro pointé sur les politiques publiques et l’éthique de l’IA, 9,61 points pour les compétences et l’emploi, 13,46 pour l’usage de l’IA dans les services publics.
Le Nigeria en tête du continent, l’Europe domine le monde
Le Nigeria signe la meilleure performance africaine (38e mondial, 45,93 points), devant l’Égypte (48e), le Kenya (50e), le Ghana (56e) et le Bénin (59e). Le Maroc suit à la 63e place, devant la Côte d’Ivoire, le Rwanda, l’Éthiopie et le Sénégal, qui bouclent le top 10 africain. La Libye devance la Tunisie à la 78e position, tandis que l’Algérie ferme la marche régionale à la 123e place. Au niveau mondial, le top 10 est entièrement européen, la Norvège en tête avec 75,26 points, portée par son cadre réglementaire et ses investissements dans les compétences numériques.


