L’État joue souvent le rôle de garant dans les financements contractés par ses entreprises. Lorsqu’une entité publique investit dans des infrastructures lourdes ou des secteurs stratégiques, les montants engagés dépassent souvent sa capacité d’autofinancement immédiate. La garantie souveraine de l’État agit alors comme un signal de solvabilité fort auprès des bailleurs de fonds internationaux. Elle permet non seulement de mobiliser des capitaux massifs à des conditions plus avantageuses, mais elle protège aussi l’économie nationale contre le risque de défaut systémique, assurant la continuité des services essentiels d’intérêt général.
C’est ains qu’en 2027, l’État consacrera une enveloppe de 170 MDT pour contribuer au remboursement des échéances de prêts extérieurs contractés pour la réalisation des réseaux autoroutiers par Tunisie Autoroutes.
Mais est-ce qu’une société dans ce domaine peut structurellement accumuler des pertes? Bien qu’elle gère une infrastructure vitale pour le pays, son modèle économique souffre souvent d’un décalage persistant entre des coûts d’investissement et d’entretien très élevés et des recettes de péage insuffisantes et encadrées. D’ailleurs, partout dans le monde, la gestion d’infrastructures autoroutières par péage est rarement rentable par le seul trafic. Les modèles performants reposent sur des concessions privées de longue durée adossées à des hausses régulières et indexées des tarifs.
En Tunisie, il est difficile d’effectuer cela pour des raisons sociales. L’État, donc le contribuable, se retrouve ainsi obligé de combler ce gap. Ce soutien sera renouvelé pour les projets en cours, essentiellement l’autoroute reliant Tunis à Jelma sur 186 kilomètres, qui coûtera 2 295 MDT. L’importance de l’investissement indique qu’il serait impossible à la société d’assurer, à elle seule, le remboursement de ces montants.









