Dans un marché national régulièrement éprouvé par les fluctuations des prix et les aléas de l’approvisionnement, le gouvernement algérien entend faire du numérique un nouvel instrument de régulation. C’est dans cette perspective que le premier ministre, Sifi Ghrieb, a présidé jeudi une réunion interministérielle consacrée au lancement officiel d’une plateforme permettant de suivre, au quotidien et dans l’ensemble des wilayas, l’évolution des prix et la disponibilité des produits de première nécessité, selon un communiqué des Services du premier ministre.
Cette initiative vise à apporter une réponse concrète aux enjeux de transparence et de maîtrise des circuits commerciaux. Elle ambitionne de doter les pouvoirs publics d’un dispositif de veille et de pilotage en temps réel, à même de retracer le parcours des marchandises tout au long de la chaîne de distribution et de garantir un contrôle plus étroit des prix affichés à ses différents niveaux.
La réunion s’est déroulée par visioconférence, avec la participation des ministres concernés, des walis et des présidents de la Chambre nationale d’agriculture (CNA) et de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA). Les échanges ont également associé des représentants des filières agricoles professionnelles locales, des agriculteurs issus d’exploitations de petite, moyenne et grande taille, ainsi que des propriétaires de chambres froides, dont le rôle intervient dans les opérations de conservation et de stockage des produits.
Les autorités évoquent une démarche participative associant les différents acteurs des chaînes d’approvisionnement, dans un cadre présenté comme transparent et structuré. Le recours à un dispositif numérique doit permettre de suivre les flux de produits et leur disponibilité, tout en réduisant les zones d’opacité susceptibles de favoriser les pratiques spéculatives.
Sifi Ghrieb a également réaffirmé l’engagement du gouvernement à assurer un accompagnement régulier des agriculteurs et des «véritables commerçants». Cette distinction renvoie à la volonté des autorités de différencier les professionnels intervenant dans les circuits commerciaux des intermédiaires soupçonnés de tirer profit des déséquilibres du marché.
Parallèlement, les autorités ont mis l’accent sur le respect de la réglementation. Les walis ont ainsi été appelés à prendre, sans délai, les mesures légales et coercitives nécessaires à l’encontre de toute tentative de provoquer des pénuries, de perturber l’approvisionnement des marchés ou de manipuler les prix. Le dispositif de suivi numérique devrait ainsi s’accompagner d’un contrôle du marché et de l’application des dispositions réglementaires en vigueur.
À noter que la portée réelle de cette plateforme dépendra de sa mise en œuvre sur le terrain. La fiabilité des informations recueillies, leur actualisation quotidienne et leur exploitation rapide seront déterminantes. Reste à savoir si ce dispositif permettra de mieux maîtriser les prix des produits de première nécessité et de limiter les ruptures d’approvisionnement, deux préoccupations majeures pour les opérateurs économiques et les consommateurs.









