Chaque année, le Forum économique mondial (WEF) évalue, à travers l’indice de développement du voyage et du tourisme (TTDI), les conditions de développement du tourisme dans 110 économies. Sécurité, coût de la vie, infrastructures, connectivité numérique, patrimoine naturel et culturel: autant de critères pris en compte dans cet indice. Celui-ci ne mesure pas les performances touristiques en termes d’arrivées ou de recettes, mais apprécie la qualité de l’environnement propice au développement durable du secteur et à sa résilience face aux crises. La notation est établie sur une échelle de 1 à 7.
L’édition 2026 met en évidence d’importants déséquilibres entre les différents piliers évalués en Tunisie. Si la compétitivité-prix affiche un score de 5,2, les infrastructures de transport aérien ne dépassent pas 2,2, soit le résultat le plus faible parmi les piliers examinés.
Au-delà de ce faible niveau, c’est surtout la stagnation du score tunisien qui interpelle: après 2,2 en 2019, puis 2,3 en 2024, il revient à 2,2 en 2026. Dans le même temps, la moyenne mondiale du pilier a progressé de 7,2% entre 2024 et 2026, tandis que 92% des économies évaluées ont amélioré leurs résultats. La Tunisie ne régresse donc pas nécessairement en valeur absolue, mais décroche relativement à des pays qui accélèrent leurs efforts.
Ce décrochage est particulièrement visible à l’échelle régionale. Le score moyen atteint 3,83 en Afrique du Nord et 4,62 dans l’ensemble MENA, soit des écarts respectifs de 1,6 et 2,4 points avec la Tunisie. Il s’agit du différentiel régional le plus important parmi les piliers étudiés. À l’échelle mondiale, les Émirats arabes unis occupent la première place sur cette dimension.
Les infrastructures terrestres et portuaires constituent un autre point de fragilité, avec un score de 2,5, contre 3,13 en Afrique du Nord et 3,77 dans la région MENA. La moyenne mondiale étant restée stable, ce décalage traduit surtout un déficit structurel de performance.
Ces résultats ne suffisent toutefois pas à établir un lien de causalité direct entre infrastructures et performances touristiques. Ils révèlent plutôt des insuffisances persistantes en matière d’accessibilité. Celle-ci dépend également, comme le souligne le WEF, des politiques de visas et de l’efficacité de la gestion des frontières.
Dans ce contexte, l’IACE recommande de cartographier précisément les déficits de connectivité par marché émetteur et par territoire, et de conditionner les incitations au développement de la desserte aérienne à des résultats concrets et mesurables.








