À fin septembre 2026, les investissements agricoles approuvés en Tunisie atteignent 345,7 millions de dinars (MD), contre 320,7 MD un an auparavant, soit une progression de 7,8 %. Mais cette hausse ne s’accompagne pas d’un renforcement du financement bancaire. Les crédits accordés aux projets agricoles diminuent légèrement, tandis que les promoteurs puisent davantage dans leurs ressources propres. Les subventions publiques, elles, poursuivent leur progression.
Les données de l’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA) mettent en évidence ce changement dans la structure du financement. Les crédits bancaires approuvés s’élèvent à 102 MD à fin septembre 2026, contre 104,5 MD à la même période de 2025, soit un recul de 2,4 %. Leur part dans le financement total des projets atteint 29,5 %.
À l’inverse, l’autofinancement progresse de 10,1 %, passant de 136,8 à 150,6 MD. Il représente désormais 43,6 % du montant des investissements approuvés. Les promoteurs financent ainsi près de la moitié des projets sur leurs propres ressources, davantage que les banques et les mécanismes publics de soutien.
Ce décalage soulève une question importante pour le secteur : dans quelle mesure les porteurs de projets peuvent-ils compter sur le financement bancaire pour concrétiser leurs investissements ? L’agriculture nécessite des dépenses régulières en équipements, en modernisation et en capacités de production. Lorsque les crédits bancaires ne suivent pas la progression des projets, les promoteurs doivent mobiliser davantage de fonds propres pour les mener à terme.
Les subventions publiques renforcent, elles aussi, leur contribution. Elles atteignent 93,073 MD à fin septembre 2026, contre 79,403 MD un an auparavant, soit une hausse de 17,2 %. Leur part dans le financement total s’établit à 26,9 %. Cette progression est plus de deux fois supérieure à celle des investissements approuvés sur la même période.
Les aides publiques prennent donc une place croissante dans le financement des projets agricoles. Leur évolution intervient dans un contexte où les exploitants doivent composer avec le coût des équipements et des intrants, ainsi qu’avec des besoins de modernisation de plus en plus importants.









