La Tunisie recule dans le classement 2026 du Travel & Tourism Development Index (TTDI) du Forum économique mondial. Elle se positionne désormais au 82e rang sur 110 économies, avec un score de 3,62 sur 7, contre la 78e place en 2024 et la 77e en 2019. Cette baisse doit toutefois être nuancée, car les chiffres montrent une réalité plus complexe.
En réalité, le score de la Tunisie est resté quasiment stable : 3,58 en 2019, contre 3,62 en 2024 et en 2026. Les données recalculées selon la méthodologie 2026 du WEF (Forum économique mondial) montrent ainsi que le pays n’a pas perdu de terrain en valeur absolue. C’est surtout la progression des autres pays qui explique son recul relatif.
Ce recul s’explique notamment par la dynamique mondiale. Entre 2024 et 2026, 101 économies sur 110 (92 %) ont amélioré leur score, faisant progresser la moyenne d’environ 2,1 %, soit sa plus forte hausse depuis 2019. Restée au même niveau, la Tunisie figure parmi les neuf économies sans progression. Son recul au classement traduit donc avant tout un décalage avec le rythme de progression observé ailleurs.
Il faut toutefois bien comprendre ce que mesure cet indice. Le TTDI ne renseigne ni sur le volume des arrivées, ni sur les dépenses des touristes, ni sur les recettes touristiques. Il évalue plutôt les conditions dans lesquelles le secteur évolue et les politiques mises en œuvre pour en assurer un développement durable et résilient. Cette évaluation s’appuie sur 17 piliers et 102 indicateurs. Le 82e rang ne correspond donc pas à un classement des destinations selon leur fréquentation touristique.
La comparaison avec les autres économies de la région confirme la stabilité du classement tunisien. La Tunisie reste 10e sur 12 pays de la zone MENA, à 0,36 point de la moyenne régionale (3,98), comme en 2024. Pourtant, la moyenne de la région a progressé de 2,5 %. Le Maroc se distingue par une hausse de 5,5 % et un gain de sept places, tandis que l’Algérie progresse de 3,6 % et gagne quatre rangs.
La lecture du classement appelle néanmoins une précaution. Les scores sont très resserrés : 0,45 point seulement sépare le 63e rang (3,97) du 89e (3,52). De faibles variations peuvent donc modifier sensiblement le classement. Sur le fond, la tendance reste néanmoins claire : entre 2019 et 2026, la Tunisie progresse de 1,1 %, contre au moins 3,4 % pour chacune des sept économies de comparaison retenues par l’IACE.
L’attention doit donc moins porter sur le rang obtenu que sur les conditions nécessaires aux progrès du secteur.








