La Tunisie ne manque ni de patrimoine, ni de richesses naturelles, ni d’infrastructures touristiques. C’est ce qui ressort du Travel & Tourism Development Index (TTDI) 2026 du Forum économique mondial (WEF), analysé par l’IACE, qui place cette destination au-dessus des moyennes nord-africaine et MENA pour ses ressources culturelles (3,4), naturelles (3,1) et ses services et infrastructures touristiques (3,3).
Elle fait également mieux que la moyenne mondiale pour ses ressources culturelles et naturelles, dont les scores s’établissent respectivement à 2,5 et 3. Quant à la compétitivité-prix, elle constitue son principal point fort, avec un score de 5,2, supérieur à la moyenne MENA (4,81), mais inférieur à celle de l’Afrique du Nord (5,60).
Derrière ces indicateurs, il y a donc davantage qu’un état des lieux des ressources: leur capacité à devenir de véritables leviers pour le tourisme entre aussi en ligne de compte.
C’est plus nuancé dans les moyens de faciliter l’accès à la destination et de mieux exploiter son potentiel touristique. Le transport aérien ne récolte que 2,2 points, contre 3,83 en Afrique du Nord et 4,62 dans la région MENA. Les infrastructures terrestres et portuaires affichent 2,5, là encore en dessous des moyennes régionales (3,13 et 3,77). Le numérique n’est pas mieux loti: avec 3,8 pour la préparation aux TIC, la Tunisie reste sous les moyennes nord-africaine (4,47), MENA (5,33) et mondiale (5,2). La priorisation du tourisme reste également en retrait. Cet indicateur, qui couvre notamment les dépenses publiques, la qualité des données et la stratégie de marque, s’établit à 3,4, contre 4,82 et 4,47 dans les deux régions, et 4,5 à l’échelle mondiale. Même la sécurité, qui constitue pourtant un point d’appui, ne dépasse pas 4,8, contre 5,87 en Afrique du Nord, 6,09 dans la région MENA et 5,7 dans le monde.
La diversification de l’attractivité constitue enfin un autre levier. Les ressources associées aux déplacements non liés aux loisirs: rayonnement des villes, grandes entreprises et établissements d’enseignement supérieur, affichent un score de 2,5, proche des moyennes régionales, mais inférieur à la moyenne mondiale (2,7). Si ces facteurs ne dépendent pas uniquement de la politique touristique, ils peuvent néanmoins contribuer à attirer d’autres profils de visiteurs et à élargir les motifs de déplacement vers la Tunisie.
Le véritable enjeu ne réside donc pas tant dans le volume des actifs disponibles que dans leur capacité à générer de la valeur économique. Dans cette perspective, l’IACE préconise une diversification de l’offre selon les segments et les territoires, afin d’accroître les dépenses touristiques, de prolonger les séjours et d’atténuer les effets de la saisonnalité. Il propose également une démarche concertée, associant collectivités, entreprises et investisseurs, pour faire émerger des produits commercialisables à partir de ressources encore insuffisamment exploitées.


