L’IA ne sonne pas le glas des emplois pour les humains, elle redistribue les cartes: certains métiers gagnent en valeur, d’autres en perdent, selon le rapport PwC «2026 Global AI Jobs Barometer», qui a analysé plus d’un milliard d’offres d’emploi dans 27 pays.
L’intelligence artificielle n’affecte pas tous les métiers dans les mêmes proportions. Elle dessine, en effet, deux trajectoires professionnelles divergentes: certains métiers gagnent en expertise, tandis que d’autres risquent de voir leur valeur s’éroder, en fonction de la nature des tâches qu’elle prendra en charge et de la mesure de l’élargissement ou de la restriction du champ de l’action de l’homme.
Dans les métiers dits «professionnalisés», elle s’occupe des tâches courantes, laissant aux humains les missions qui demandent davantage d’expertise. Ces professions représentent 22% des offres étudiées. En revanche, dans les métiers dits «démocratisés», qui comptent pour 52% des offres, l’IA prend en charge des tâches complexes, laissant davantage de place aux tâches simples et routinières. Le rapport évoque les exemples des contrôleurs aériens et les ingénieurs en environnement qui illustrent la première catégorie, tandis que les secrétaires médicaux et les employés comptables relèvent de la seconde. Les 26% restants correspondent à des métiers peu exposés à l’IA.
Les chiffres montrent une différence assez nette. Entre 2018 et 2025, les offres d’emploi ont progressé de 39% dans les métiers professionnalisés, contre 17% dans les métiers démocratisés. Le nombre de compétences sollicitées y a également augmenté davantage: 68% contre 33%. Depuis 2021, les salaires proposés ont augmenté de 37 et de 26%, respectivement.
L’expertise constitue donc un facteur de valorisation bien plus déterminant dans certains métiers que dans d’autres. Quand l’IA assure les tâches routinières, elle peut permettre à certains professionnels de se tourner vers des missions plus qualifiées. Mais lorsqu’elle automatise une partie du savoir-faire complexe, elle risque de réduire ce qui fait la spécificité de certaines compétences.
PwC invite ainsi les salariés à développer leur champ d’expertise et à apprendre à piloter ces outils, étant donné que le véritable risque n’est peut-être pas d’être remplacé par l’IA, mais d’être devancé par ceux qui savent s’en servir.









