La sécurité aérienne représente un enjeu croissant pour la compétitivité du transport aérien africain. Aux risques d’accidents s’ajoutent les failles liées aux accès du personnel, aux sous-traitants et aux systèmes informatiques. Pour les compagnies et les gestionnaires d’aéroports, ces menaces impliquent de renforcer les contrôles et de sécuriser les opérations sans alourdir inutilement les coûts.
En 2024, l’Afrique a enregistré 10 accidents aériens, soit un taux de 10,59 accidents par million de secteurs de vol, contre 8,36 en 2023, selon l’Association internationale du transport aérien (IATA). Les accidents impliquant des opérateurs africains concernaient notamment les contacts de la queue de l’avion avec la piste. Les appareils à turbopropulseurs représentaient 40 % des accidents recensés dans la région. Ces chiffres soulignent la nécessité de renforcer la maintenance, la formation et les procédures opérationnelles. Mais la sécurité des vols ne constitue qu’une partie du problème. La sûreté doit également prévenir les actes malveillants commis par des personnes extérieures ou par des individus disposant déjà d’un accès autorisé.
La manutention des bagages, le nettoyage, la restauration à bord, l’avitaillement et la maintenance mobilisent de nombreux prestataires. Cette organisation permet de répartir les tâches, mais multiplie les accès aux zones sensibles des aéroports. L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) encadre notamment les vérifications d’antécédents et le contrôle des accès des personnels concernés. Pour les exploitants, l’enjeu est concret : vérifier les habilitations, limiter les accès aux zones nécessaires et contrôler le respect des procédures par les entreprises partenaires.
La cybersécurité, un risque opérationnel
Les systèmes numériques utilisés pour gérer les opérations aéroportuaires, les données administratives et la maintenance constituent une autre source de vulnérabilité. Une attaque peut perturber les services, compromettre des informations et entraîner des dépenses de remise en état. En Namibie, la Namibia Airports Company (NAC) a signalé en mars 2026 un accès non autorisé à une partie de son réseau informatique. Le 20 mars, l’entreprise a également fait état d’une menace de divulgation de données attribuée au groupe de rançongiciel INC. Cet incident illustre les risques auxquels sont exposés les gestionnaires d’infrastructures aéroportuaires, au-delà des seules installations physiques. Pour limiter ces risques, les opérateurs doivent renforcer les contrôles d’accès aux systèmes, surveiller les activités suspectes, sécuriser les données et prévoir des procédures de reprise après incident. Les prestataires informatiques doivent être intégrés à ces dispositifs. Pour les compagnies et les aéroports africains, la réponse ne repose donc pas uniquement sur les équipements de contrôle ou la modernisation des pistes. Elle nécessite aussi des investissements dans la formation, la gestion des accès, l’audit des prestataires et la protection des systèmes numériques.
Une défaillance peut entraîner des interruptions d’activité, des coûts supplémentaires et une perte de confiance des partenaires. La maîtrise de ces risques devient ainsi une condition de continuité opérationnelle et de développement pour les acteurs qui souhaitent renforcer leur présence sur le marché aérien international.









