La startup américaine veut simplifier l’intégration de l’intelligence artificielle dans les systèmes informatiques existants. Son objectif : permettre aux entreprises d’automatiser des tâches sans devoir remplacer leurs logiciels métier.
Minicor a levé 3,8 millions de dollars en financement d’amorçage pour connecter les applications d’intelligence artificielle aux logiciels professionnels anciens, notamment ceux qui ne disposent pas d’interfaces de programmation (API). L’opération, annoncée le 14 octobre 2026, a été menée par IA Ventures, avec la participation de Y Combinator, Paul Graham, Pioneer Fund, Robinhood Ventures, Garage Capital, Rebel Fund, K5 Global et 20VC.
Fondée par Faizaan Chishtie et Saheed Akinbile, la startup basée à San Francisco s’attaque à un obstacle concret de l’adoption de l’IA en entreprise : de nombreuses organisations utilisent encore des logiciels installés sur des postes de travail Windows, indispensables à leurs activités, mais difficiles à connecter aux nouvelles applications.
Plutôt que de remplacer ces systèmes, Minicor cherche à les rendre accessibles aux outils d’IA. Sa plateforme transforme des procédures réalisées dans ces logiciels en points d’accès API. Une application peut ainsi déclencher automatiquement une série d’actions, sans qu’une équipe technique ait à développer chaque connexion de zéro. La solution peut fonctionner sur des machines virtuelles Windows, dans le cloud, sur site ou dans des environnements Citrix.
Cette technologie vise notamment les secteurs de la santé, de la logistique et de la gestion d’entreprise, où les logiciels anciens continuent de jouer un rôle central. Elle pourrait, par exemple, faciliter l’automatisation de certaines opérations dans un système de dossiers médicaux ou un logiciel de gestion d’entrepôt, tout en conservant les outils déjà utilisés par les équipes.
Pour les entreprises, l’intérêt est autant économique qu’opérationnel. Le remplacement d’un logiciel métier peut exiger des investissements importants, une migration des données et une formation des salariés. L’intégration de l’IA aux systèmes existants représente donc une autre voie, potentiellement moins lourde, pour automatiser certaines tâches et accélérer le déploiement de nouveaux services.
Minicor met également en avant des outils de supervision, notamment l’enregistrement vidéo des automatisations et la journalisation des actions, afin de faciliter le suivi des opérations et l’identification des erreurs. La fiabilité reste toutefois un enjeu majeur : une interface qui change ou une opération mal exécutée peut compromettre l’automatisation. La sécurité des données et le contrôle humain sont également essentiels, en particulier dans les secteurs sensibles.
Avec cette levée de fonds, Minicor se positionne sur un marché où l’enjeu n’est plus seulement de développer des outils d’IA, mais de les faire fonctionner avec les infrastructures informatiques réellement utilisées par les entreprises. Pour les dirigeants, le défi consiste désormais à transformer le potentiel de l’intelligence artificielle en gains opérationnels mesurables, sans alourdir les coûts ni fragiliser les systèmes existants.









