L’African Association of Automotive Manufacturers (AAAM) a élu Tarek Mosaad, président-directeur général de Hyundai Motor Middle East and Africa, à sa présidence pour le mandat 2026-2028. Il succède à Martina Biene. À ses côtés, quatre vice-présidents représenteront l’Afrique du Nord, l’Afrique de l’Est, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique australe, tandis que Markus Thill prendra en charge le portefeuille des composants.
Cette nouvelle équipe arrive avec un sujet qui dépasse la seule production automobile. L’AAAM veut renforcer la localisation, développer les fournisseurs et mieux connecter les différents pôles industriels africains. L’objectif est de faire davantage circuler la valeur au sein du continent, plutôt que de limiter l’intégration automobile à l’assemblage de véhicules importés.
La question prend une dimension supplémentaire avec la mise en œuvre progressive de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). L’automobile figure parmi les chaînes de valeur considérées comme stratégiques et l’AAAM travaille notamment sur les conditions permettant aux véhicules et composants suffisamment intégrés en Afrique de bénéficier du cadre commercial continental.
L’enjeu est aussi technologique. L’électrification déplace progressivement une partie de la valeur vers les batteries, l’électronique et les systèmes embarqués. Pour les industriels africains, le sujet consiste donc à identifier les segments sur lesquels ils peuvent réellement construire une capacité locale.
Pour l’Afrique du Nord, cette évolution est particulièrement suivie. Le Maroc dispose aujourd’hui d’une importante base automobile, tandis que la Tunisie s’est spécialisée dans les composants et l’exportation. L’ouverture progressive d’un marché automobile africain plus intégré pourrait donc offrir de nouveaux débouchés aux équipementiers tunisiens, à condition qu’ils puissent répondre aux exigences de coût, de volume et de contenu local.
Le nouveau conseil consultatif de l’AAAM réunira notamment l’ancienne présidente Martina Biene, l’ancien président Mike Whitfield et des représentants des différentes régions africaines. L’association entend ainsi conserver une continuité institutionnelle tout en donnant à sa nouvelle direction un mandat centré sur l’investissement, la localisation et les chaînes de valeur régionales.









