La Tunisie passe à une nouvelle étape dans sa stratégie de gestion des déchets. Le projet national de transition vers le “Zéro Déchet” a été lancé vendredi à Tunis, avec l’objectif de faire du Grand Tunis un terrain d’expérimentation pour de nouveaux modèles de prévention, de traitement et de valorisation des déchets. Doté de 5 millions de dollars, le projet est financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et élaboré par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
Le lancement s’est déroulé lors d’une séance de travail réunissant le ministre de l’Environnement, Habib Abid, et la représentante résidente du PNUD en Tunisie, Céline Moyroud. Le ministre s’est également rendu sur le site destiné à accueillir une unité de valorisation des déchets domestiques et assimilés ainsi qu’une unité de production d’engrais organiques à La Marsa.
Des infrastructures pour le Grand Tunis
Le projet cible les quatre gouvernorats du Grand Tunis et leurs 34 communes. L’objectif est d’accompagner ces collectivités dans l’élaboration d’un plan d’investissement et de financement destiné à développer les infrastructures nécessaires au traitement et à la valorisation des déchets. Une première réalisation concernera notamment les communes de La Marsa, Sidi Bou Saïd et Carthage, qui doivent bénéficier d’une unité de valorisation des déchets domestiques et assimilés. Une unité dédiée à la production d’engrais organiques est également prévue à La Marsa.
Au-delà des infrastructures, le programme entend agir sur l’ensemble de la chaîne de gestion des déchets. Il prévoit ainsi de renforcer le cadre réglementaire destiné à limiter les plastiques à usage unique et de développer la responsabilité élargie des producteurs pour plusieurs catégories de déchets, notamment ceux issus de la construction et de la démolition, les emballages et les équipements électroniques.
Le compostage des déchets verts et organiques figure également parmi les axes d’intervention.
Du déchet à une ressource énergétique
Autre volet du projet, la valorisation des déchets non recyclables sous forme de combustible alternatif. La Tunisie souhaite notamment mettre à profit son expérience dans l’utilisation du RDF (Refuse Derived Fuel) dans les fours des cimenteries.
Cette solution permet de transformer une partie des déchets qui ne peuvent pas être recyclés en combustible et de réduire progressivement le recours aux énergies fossiles dans l’industrie cimentière.
Le projet “Zéro Déchet” dépasse ainsi la seule question de l’élimination des ordures. Il s’inscrit dans une logique d’économie circulaire, où une partie des déchets peut devenir une matière première, un fertilisant ou une source d’énergie.
L’initiative s’inscrit dans un programme multinational du PNUD et du FEM déployé dans cinq pays, à savoir la Tunisie, la Chine, l’Uruguay, la Sierra Leone et la Turquie. Pour la Tunisie, le Grand Tunis doit servir de laboratoire pour tester ces nouveaux modèles avant d’envisager leur déploiement à plus grande échelle.









