L’Égypte se dote d’un nouvel outil pour financer son industrie. Le conseil d’administration du Sovereign Fund of Egypt (TSFE) a approuvé la création d’un fonds dédié à l’investissement industriel, avec un capital autorisé de 10 milliards de livres égyptiennes et un capital souscrit de 1 milliard de livres. À son lancement, 500 millions de livres seront effectivement versés, le solde devant être libéré sur une période pouvant aller jusqu’à cinq ans.
Baptisé Egypt Sub-Fund for Industrial Investment, ce nouveau véhicule sera détenu à 100% par le TSFE. Son objectif est de canaliser davantage de capitaux vers les entreprises industrielles, en particulier celles capables de produire pour l’export, de renforcer la part de composants fabriqués localement et d’améliorer les capacités technologiques de l’Égypte. Le fonds ne compte pas investir seul. Sa stratégie prévoit des partenariats avec des investisseurs privés, des institutions financières et des entreprises industrielles internationales. Les investissements pourront se faire directement dans des entreprises ou indirectement, notamment avec des banques d’investissement pour créer d’autres fonds spécialisés dans l’industrie.
Les secteurs ciblés donnent une idée des priorités: composants automobiles et industries connexes, électronique et équipements électriques, agroalimentaire, textile et habillement, ainsi que pharmacie. Le fonds pourra également investir dans des actifs, terrains et bâtiments liés aux activités industrielles. Le montage financier mérite toutefois d’être distingué clairement: 1 milliard de livres correspond au capital souscrit, tandis que 10 milliards représentent le plafond de capital autorisé. Les 500 millions de livres prévus au démarrage ne constituent donc pas une enveloppe d’investissement de 10 milliards immédiatement disponible. Le reste du capital souscrit pourra être apporté progressivement, en numéraire ou en nature, dans les cinq ans suivant la création du fonds.
Le fonds industriel doit fonctionner pendant 99 ans, avec possibilité de prolongation. Pour l’Égypte, son intérêt dépasse donc le montant engagé au départ: le véritable enjeu sera sa capacité à utiliser le capital public comme levier pour faire entrer davantage de capitaux privés dans des activités industrielles tournées vers la production et l’export.









