Certes, pour affronter la cherté de la vie, les ménages ne peuvent pas compter exclusivement sur les salaires et les pensions de retraite. Les revenus de la propriété jouent un rôle important. Ils englobent les sommes perçues sur les dépôts bancaires ou postaux, les bons du Trésor, les obligations corporate et les créances diverses. Nous y trouvons également les dividendes et autres revenus distribués des sociétés, et les loyers des terrains. À noter que les revenus de la propriété ne comprennent pas les loyers des logements bâtis.
En 2025, les ménages tunisiens ont perçu 8 787,9 MDT de revenus de propriété, ce qui n’est pas rien. Ce montant représente 15% des salaires bruts reçus de la même année. Ces chiffres rappellent qu’il existe un mouvement de liquidités, parfaitement légales et bancarisées, qui transite des bilans d’entreprises et du secteur financier directement vers le compte des particuliers. Ils apportent un élément de réponse macroéconomique au paradoxe récurrent qui anime les débats à chaque fête génératrice de dépenses: d’où provient l’argent qui continue d’irriguer la consommation malgré l’inflation?
Contrairement aux salaires, qui se diffusent à l’ensemble de la population active, ces milliards de dinars ne profitent pas à tous de manière homogène. Ils bénéficient avant tout à ceux détenant un patrimoine financier ou foncier. Ce sont précisément ces tranches de revenus qui soutiennent la demande de biens durables, les loisirs, l’automobile et la consommation haut de gamme.
Mais est-ce que cela justifie l’imposition de la fortune? Les arguments dans les deux sens sont valables, mais il ne faut pas pousser les gens vers l’informel. Trouver le juste équilibre est bien une mission ardue.









