L’encours des crédits bancaires non professionnels accordés aux particuliers a péniblement bougé au premier semestre 2026 ! Il grimpe à 30,662 milliards de dinars à fin juin, contre 30,554 milliards en décembre 2025. Il s’agit d’une progression de 108 millions de dinars seulement, soit +0,35 %, selon la note d’informations financières de juillet 2026 de la Banque Centrale de Tunisie.
Sous cette quasi-stagnation, les trajectoires divergent nettement. Les crédits à l’aménagement du logement avancent de 80,5 millions de dinars, à 11,348 milliards de dinars ; ceux dédiés à l’achat de véhicules progressent timidement, de 7,4 millions, à 446,1 millions de dinars ; les autres crédits à la consommation gagnent 125 millions (+2,3 %), pour atteindre 5,550 milliards de dinars. À l’inverse, les crédits destinés directement à l’acquisition de logements reculent de 103 millions de dinars, à 13,304 milliards, et les prêts universitaires chutent de 1,2 million, à 13,8 millions de dinars.
Un rythme trois fois plus lent qu’un an plus tôt
La comparaison fait mal : entre décembre 2024 et juin 2025, l’encours avait bondi de 276 millions de dinars, soit un rythme largement supérieur à celui observé cette année. Pourtant, la BCT a abaissé son taux directeur de 7,5 % à 7 % dès le 7 janvier 2026, un geste censé alléger le coût du crédit, notamment à taux variable. Le taux moyen du marché monétaire est resté proche de 7 % jusqu’en août, période où l’inflation ralentissait à 5,4 %. Malgré ce contexte plus favorable, le crédit aux ménages ne décolle pas : le frein ne vient donc plus vraiment du prix de l’argent, mais du plafond que les revenus des ménages imposent à leur endettement.
Ce coup de frein sur le crédit aux particuliers, et singulièrement sur le logement, referme une partie du réservoir de demande qui alimente traditionnellement les promoteurs immobiliers et les enseignes d’équipement de la maison. À l’inverse, la bonne tenue des crédits à la consommation et à l’automobile maintient un terrain favorable pour les concessionnaires et les distributeurs de biens durables. Pour les acteurs financiers, la baisse du taux directeur qui ne se traduit pas en volume de crédit supplémentaire pointe surtout vers un besoin de solutions de financement mieux adaptées au pouvoir d’achat réel des ménages plutôt que vers un simple ajustement de taux.









