Mistral, une startup parisienne qui développe des modèles d’IA, a annoncé hier avoir levé des financements de 3 milliards d’euros, sous la conduite du géant des puces mémoire Samsung, alors que la startup française cherche à s’imposer comme une alternative européenne face à des rivaux tels qu’OpenAI et Anthropic.
La pépite française cherche à se positionner comme une alternative non américaine et non chinoise dans le secteur de l’IA, répondant ainsi à la volonté grandissante de l’Europe et d’autres régions de disposer d’une IA souveraine. D’ailleurs, parmi les investisseurs, figure le Scaleup Europe Fund, un fonds d’investissement soutenu par l’Union européenne. Mistral est donc valorisée (post-money) de plus de 21 milliards d’euros. Une année auparavant, elle valait 11,7 milliards d’euros. Le revenu récurrent annuel de Mistral dépassera le seuil de 1 milliard de dollars en 2026.
L’objectif de cette opération est de développer davantage d’infrastructures, y compris des centres de données, et à louer de la puissance de calcul. La société vise 200 mégawatts de capacité d’ici à 2027, et un gigawatt d’ici à 2030.
Stratégiquement, Mistral souhaite adopter une approche différente de celle d’OpenAI et d’Anthropic, en collaborant avec des entreprises individuelles afin de créer des outils d’IA sur mesure adaptés à leurs besoins et de les intégrer à leurs activités. En concrétisation de cette approche, la startup a annoncé une alliance avec Humain, l’entité saoudienne d’IA fondée sous l’égide du fonds souverain. Porté par un investissement de plusieurs centaines de millions d’euros, ce partenariat vise à concevoir et déployer des modèles d’IA à l’échelle régionale, avec comme priorités initiales la cybersécurité et les technologies vocales. L’accord prévoit également l’accès de Mistral aux infrastructures de calcul de son partenaire saoudien, tout en ciblant conjointement les marchés hautement régulés.









