Après près de 30 ans en Angola, Banco BPI va quitter définitivement Banco de Fomento Angola (BFA). La banque portugaise, contrôlée par l’espagnol CaixaBank, a trouvé un accord pour vendre les 33,35 % qu’elle détient encore dans BFA.
Montant de la transaction 388,5 millions d’euros, soit environ 451,7 millions de dollars. À cette somme pourrait s’ajouter une part liée au dividende que BFA versera au titre de 2026.
L’acheteur est Congolian Financial SA. La société est liée au groupe angolais Carrinho, présent notamment dans l’agro-industrie et désormais dans la finance. Avec cette opération, le groupe renforce sa place au capital de BFA.
Pour BPI, cette vente n’arrive pas de nulle part. Le retrait a commencé il y a plusieurs années. Selon Reuters, la banque cherchait depuis 2017 à réduire son exposition à l’Angola. La Banque centrale européenne avait alors demandé à BPI de limiter les risques liés à cette participation.
Une première étape avait déjà été franchie en 2025. BPI avait vendu 14,75 % de BFA lors de l’introduction de la banque à la Bourse angolaise. Il lui restait alors les 33,35 % aujourd’hui cédés à Congolian Financial.
Le dossier avait connu un premier échec. Une tentative de vente avait été suspendue en 2023. La forte baisse du kwanza avait alors compliqué l’opération et réduit la valeur de la participation.
Cette fois, le prix est fixé en euros. BPI recevra 345 millions d’euros dans un premier temps. Les 43,5 millions restants seront payés plus tard, avec une échéance prévue en mai 2027. La banque recevra aussi la moitié du dividende 2026 de BFA correspondant aux actions vendues.
Dans ses comptes au 30 juin 2026, BPI valorisait encore cette participation à 379 millions d’euros. Avec un prix de vente fixe de 388,5 millions, l’opération devrait donc lui apporter environ 9 millions d’euros de plus sur ses capitaux propres.
Derrière cette vente, il y a aussi un changement dans le paysage bancaire angolais. Le capital de BFA passe davantage entre les mains d’acteurs locaux. Le groupe Carrinho en est l’un des bénéficiaires. Il possède déjà des intérêts dans les banques Keve et BCI.
BFA n’est pas une petite banque locale. Elle comptait environ 3,5 millions de clients à la fin de 2025. Son évolution intéresse donc directement le financement des entreprises et du commerce en Angola.
Pour les entreprises tunisiennes qui regardent vers ce marché, ce point mérite attention. L’Angola cherche à diversifier son économie, encore très dépendante du pétrole. L’agriculture, l’industrie et les infrastructures font partie des secteurs où le pays veut attirer davantage d’investissements.
Pour un exportateur tunisien, la question ne se limite pas à trouver un client. Il faut aussi pouvoir sécuriser les paiements, obtenir des garanties et trouver des solutions de financement sur place. Le réseau bancaire peut alors devenir un élément important dans la décision d’entrer sur le marché.
La vente de BPI n’est toutefois pas encore totalement finalisée. Elle doit notamment recevoir les autorisations réglementaires nécessaires en Angola. Le droit de préemption de l’actionnaire Unitel fait également partie des points à régler.









