Les états financiers de la Banque de Tunisie et des Émirats (BTE) affichent un redressement. Après avoir accusé une perte nette de 5,453 MDT au 30 juin 2025, l’établissement de crédit a clôturé les six premiers mois de l’exercice 2026 sur un résultat net bénéficiaire de 1,408 MDT (avant modifications comptables).
De même, le PNB a bondi de 25,3% en rythme annuel, totalisant 43,635 MDT. Cette amélioration trouve son explication dans les revenus du portefeuille d’investissement, qui sont passés de 9,004 MDT au premier semestre 2025 à 19,122 MDT fin juin 2026. Cette impulsion provient en grande partie de la cession de la participation détenue dans le capital de la BNA Bank, laquelle a dégagé une plus-value nette de 5,923 MDT. À l’inverse, l’activité courante de crédit demeure atone. La marge d’intérêt s’est établie à 9,573 MDT contre 8,538 MDT une année auparavant.
Sur le front des charges d’exploitation, l’effet de ciseau reste pesant. Les frais de personnel ont poursuivi leur ascension, progressant de 8,9% pour absorber 23,480 MDT, tandis que les charges générales d’exploitation se sont renchéries de 11,4%, à 10,190 MDT. Le coût du risque s’est stabilisé à 6,071 MDT, permettant au résultat d’exploitation de revenir en territoire positif à 1,380 MDT.
Le bilan financier est par ailleurs grevé par les conclusions d’un contrôle fiscal approfondi couvrant la période 2021-2024 ainsi que l’exercice 2018. Ce redressement a contraint la banque à inscrire une modification comptable nette de 1,360 MDT. Le résultat effectif après modifications comptables est donc ramené à 0,048 MDT. Le montant des pertes fiscales reportables de la BTE s’élève désormais à 46,420 MDT.
La solvabilité est à un niveau critique. Le total des capitaux propres s’établit à 29,125 MDT, laminé par 158,259 MDT de résultats reportés négatifs, soit un niveau très inférieur au plancher de 50 MDT prescrit par l’article 32 de la loi bancaire n° 2016-48. Les fonds propres nets de base sont tombés à une valeur négative de -2,705 MDT, entraînant un ratio de solvabilité global et un ratio Tier 1 négatifs à -0,21%, à comparer aux seuils réglementaires minimaux respectifs de 10 et 7%.
Si le premier semestre offre un répit comptable grâce à la cession d’actifs de portefeuille, la banque a toujours besoin d’une recapitalisation substantielle et de la poursuite du perfectionnement de son modèle d’exploitation.








