Le Maroc prolonge son bouclier douanier sur le blé tendre. Les autorités ont décidé de maintenir jusqu’au 31 août le droit d’importation de 170 % appliqué aux achats à l’étranger, alors que la collecte de la récolte nationale avance moins vite que prévu. L’objectif est clair : pousser les opérateurs à privilégier le blé produit localement avant de rouvrir davantage le marché aux importations.
Cette mesure, entrée en vigueur le 1er juin et qui devait initialement prendre fin le 31 juillet, intervient dans un contexte stratégique pour le Royaume. Le Maroc, troisième consommateur africain de blé derrière l’Égypte et l’Algérie, cherche depuis plusieurs années à réduire son exposition aux marchés internationaux, très sensibles aux crises géopolitiques et aux variations des prix.
La prolongation de la taxe vise surtout à donner davantage de temps aux agriculteurs et aux collecteurs pour écouler la production nationale. Mais sur le terrain, le rythme reste insuffisant : environ 500 000 tonnes de blé tendre seulement auraient été collectées, loin de l’objectif fixé autour de 1,5 million de tonnes à fin juillet. Plusieurs facteurs expliquent ce retard. Des agriculteurs préfèrent conserver une partie de leurs stocks pour leurs propres besoins, tandis que les professionnels évoquent également des difficultés liées au manque de main-d’œuvre, au vieillissement des équipements et aux conditions météorologiques ayant perturbé certaines opérations de collecte. Selon les estimations de l’USDA publiées en juillet, la récolte de blé du Maroc pourrait atteindre environ 7,5 millions de tonnes durant la campagne 2026/2027, contre un niveau bien inférieur la saison précédente.
Cette amélioration devrait mécaniquement réduire les besoins d’achat à l’étranger. Les prévisions américaines anticipent ainsi des importations marocaines de blé autour de 3,7 millions de tonnes en 2026/2027, contre environ 6,5 millions de tonnes un an auparavant.









