Un rapport officiel de l’IACE, présenté le jeudi 23 juillet lors d’un colloque à Tunis, dresse un constat sans détour quant aux projets d’investissement public tunisiens : leur efficacité ne dépend pas tant du montant alloué que de la qualité de leur gouvernance, de la préparation et du suivi mis en place. Ce rapport s’intitule « Évaluation des pratiques de gouvernance et de transparence dans les projets d’investissement public en Tunisie » et dresse un constat peu flatteur quant à la gestion publique des projets d’investissement.
Faycel Derbel, président du centre de gouvernance de l’IACE, donne le ton : pour les 14 624 nouveaux projets inscrits au plan de développement 2026, les blocages s’accumulent ; garanties foncières non actées, autorisations qui traînent, études inachevées et financement quasi absent. Conséquence directe de cette situation : sur les 6 476 chantiers qui ont démarré, une bonne partie tourne au ralenti, reportée sine die. Derbel a également évoqué les 74 projets en partenariat public-privé (PPP), soit près d’un dixième de l’enveloppe totale programmée ; il réclame, pour ces derniers, des cadres contractuels renforcés pour garantir leur exécution et préserver les droits des partenaires privés de l’État.
Des études de faisabilité trop légères
Ahmed Guidara, expert en finances publiques, a pris comme exemple trois mégaprojets pilotes achevés depuis au moins cinq ans, dont un projet routier et une infrastructure de transport comptant 19 stations et 190 accès réhabilités. Son diagnostic : les études de faisabilité réalisées en amont manquent de précision et après le lancement des travaux, l’appareil administratif et les organismes publics concernés peinent à se coordonner. L’un de ces chantiers a été même lancé en 2007 pour être livré en 2023, soit seize ans de gel.
Ce que cela signifie pour les porteurs de projets
Pour les porteurs de projets, ce rapport est un signal fort. La Tunisie prépare, en effet, son plan de développement 2026-2030 avec près de 21 000 projets, et l’IACE plaide pour des critères d’arbitrage standardisés et conformes aux normes internationales. Une meilleure lisibilité sur le pilotage des grands chantiers pourrait réduire l’incertitude pesant sur l’investissement avec des points d’entrée plus clairs quant aux 74 projets en PPP identifiés.








