Le secret financier reste un défi en Afrique. Selon la dernière édition du Financial Secrecy Index 2026, publiée le 23 juin par l’ONG Tax Justice Network, l’Algérie, l’Égypte et le Nigeria sont les trois pays africains qui contribuent le plus à l’opacité financière. La Tunisie apparaît, quant à elle, à la 13e place en Afrique et au 102e rang mondial, loin derrière les principaux foyers de secret financier de la planète.
L’étude évalue 141 juridictions selon deux critères : le niveau d’opacité permis par leur cadre réglementaire et l’importance de leur activité dans les services financiers internationaux. L’objectif n’est pas de mesurer le volume de fraude ou de blanchiment d’argent, mais d’identifier les pays dont les règles facilitent davantage la dissimulation d’actifs, l’évasion fiscale ou le manque de transparence financière.
Avec un score d’opacité de 74 sur 100, l’Algérie occupe le 31e rang mondial, ce qui en fait la juridiction la plus opaque du continent. Le rapport pointe notamment des faiblesses en matière de transparence sur les bénéficiaires effectifs des entreprises, d’accès aux comptes des sociétés, de publication des contrats dans les industries extractives et de coopération internationale en matière d’échange d’informations fiscales.
L’Égypte suit de près, à la 32e place mondiale, devant le Nigeria (35e). Le Kenya, l’Afrique du Sud, Maurice, le Maroc, la Tanzanie, les Seychelles et le Ghana complètent le Top 10 africain. La Tunisie se positionne au 13e rang africain et au 102e rang mondial. Ce classement signifie que le pays présente un niveau d’opacité inférieur à celui des principales places financières du continent, mais qu’il dispose encore de marges de progression en matière de transparence financière et de coopération internationale.
L’un des principaux enseignements du rapport est que les juridictions les plus influentes dans le secret financier mondial ne sont pas nécessairement des paradis fiscaux exotiques. Les États-Unis, la Suisse, Singapour, Hong Kong et l’Allemagne occupent les cinq premières places du classement mondial en raison de la combinaison entre leur poids dans la finance internationale et certaines failles de leurs dispositifs de transparence.
Top 10 africain de 2026 des juridictions les plus opaques :
- Algérie (31e mondiale)
- Égypte (32e)
- Nigeria (35e)
- Kenya (45e)
- Afrique du Sud (49e)
- Maurice (54e)
- Maroc (62e)
- Tanzanie (70e)
- Seychelles (77e)
- Ghana (81e)
- Namibie (89e)
- Cameroun (94e)
- Tunisie (102e)









